Éoïah
Un étrange sifflement, harmonieux, mais surprenant, me réveille. Je reste immobile et l’entends lentement s’estomper, comme s’il s’éloignait… Il fait jour, mais les compagnons dorment encore. Je me lève discrètement pour aller jeter un regard à travers l’œil-de-bœuf…
À la lumière du jour naissant, les maisons d’en face m’apparaissent bien différentes. Avec leurs assemblages de pièces de bois courbes, leurs décors d’arabesques, de spirales, leurs fenêtres rondes soulignées de moulures noires, comme autant d’yeux maquillés, je vois maintenant des visages malicieux, espiègles, accueillants. Et non plus d’obscurs taudis. Le ciel, bleu pâle, est dégagé. Je retourne me blottir contre Adam…
Un deuxième sifflement, identique, s’élève ! Cette fois, je me lève, passe en vitesse ma robe éthaïre, et descends en catimini l’escalier… Je traverse le rez-de-chaussée à la hâte, pousse la porte, et me dirige en courant vers le passage le plus proche entre deux maisons… Deux Nayasides restent interdits, stupéfaits, de me voir jaillir comme si j’avais le diable aux trousses. Je leur fais signe en tapotant l’index droit contre l’oreille. L’ouverture est étroite… et basse, je dois me baisser avant d’arriver sur le quai, devant la jetée, pour entendre le sifflement s’éloigner… Je ne vois rien de spécial, le brouillard grisâtre, omniprésent, laisse juste deviner l’engin des Vesphéris. Il n’a pas bougé.
Aucune lueur ne transparaît derrière la brume, les flambeaux sont éteints. Près du départ de la jetée, trois Nayasides démêlent un empilement de casiers enchevêtrés.
« Vous avez entendu ?
— Entendu ? me répète l’un d’eux, l’air interrogateur, tandis que les deux autres, surpris, tendent l’oreille. Entendu quoi ? demande-t-il, l’air perplexe.
— Le sifflement ! » J’imite le bruit. Un éclair de lucidité illumine leur visage.
« Le wözl ! répond l’un d’eux, ses yeux roses, au regard si abattu, grands ouverts.
— Le ?
— Wözl ! Un wözl, répète-t-il à voix haute, pensant que je suis sourde.
— Et qu’est-ce que c’est qu’un… wözl ?
— Ben… ça ! » Ils me désignent un bateau, que je devine derrière la brume, en me dévisageant comme si j’étais trop bête pour comprendre.
« Le sifflement… c’était le bruit d’un bateau ?
— Ben oui ! Vous verrez, ajoute l’un d’eux en retournant à son occupation.
— Merci… et bonne continuation ! » Je rentre retrouver les camarades qui se lèvent. Adam, tout juste réveillé, est surpris de me voir arriver.
« T’étais où ? me demande-t-il, le visage angoissé.
— Sur le port.
— Sans ton équipement ? précise-t-il, les yeux exorbités.
— Oui… J’ai pas eu le temps. » Je hausse les épaules. « Il fallait que je sache ce qu’est… un wözl… » Je prends un air mystérieux pour faire diversion.
« Un quoi ? demande Jade.
— Un wözl.
— Un bateau nayaside », précise Ève, le sourire en coin.
Nous prenons le petit déjeuner en compagnie de Rwal, seul Nayaside de la maisonnée, les autres étant partis… travailler…
Il nous sert une même eau acidulée que la veille, de l’eau de pluie filtrée par les matériaux de couverture, dans laquelle est rajouté… un produit spécial… La curiosité débordante de Jade lui fait poser la question : « Qu’est-ce que c’est ? »
Une “délicieuse” décoction de coquillages en décomposition… Ce qui, pour Rwal, donne un goût excellent… Une explication dont nous nous serions volontiers passés. Il nous propose un premier plat de graines séchées et un second de bâtonnets peu ragoûtants rouge brun sale à forte odeur ammoniaquée… Avant que Jade n’intervienne, Thomas lui précise, en insistant, de ne surtout pas demander ce que c’est… Je les goûte… à contrecœur, ils sont salés et caoutchouteux.
Ensuite, Rwal nous conduit au site où travaillent les Nayasides. Nous traversons le village pour rejoindre un nouveau chemin en escalier taillé dans la falaise… Les bancs de brume marine dissimulent toujours la côte. En haut de la falaise, le brouillard commence à se dissiper. Dans une luminosité très particulière apparaît un ciel aveuglant, comme chauffé à blanc.
Après un bon quart d’heure de marche sur un chemin creux qui serpente à travers la lande, nous arrivons en vue de la crique suivante… Plus vaste que celle de Carwal, elle est occupée par une gigantesque pyramide triangulaire surprenante, beige crème à blanc cassé, adossée à la falaise ! Une espèce de coquillage cyclopéen aux faces concaves garnies de suites d’étranges encoignures.
« Waouh ! s’exclame Jade. C’est vous qui avez construit ça ?
— Non, non, non ! Le yötrök était là bien avant nous.
— Vous n’avez pas toujours habité… cette région ? demande Adam.
— Non, non, non ! Nous sommes originaires d’Öjö ! Une région au-delà de Röd’röl… C’est notre Dieu, Cherfa, qui a voulu que nous venions ici… pour travailler les grawés blancs dans le yötrök. »
Un passage, encombré par des empilements d’objets plats dissimulés derrière des bâches fauves, relie la pyramide à une vaste terrasse circulaire. Nous descendons la falaise pour nous rapprocher de l’arrière de la pyramide… Son incroyable structure est entièrement réalisée en bois.
Rwal pousse une double porte entre deux renfoncements… et nous entrons, à sa suite, dans un vaste hangar éclairé… Une puissante odeur de résine poivrée imprègne le site. De nombreux Nayasides s’affairent sur un tapis de sciure jaune d’or. D’autres sont perchés sur de simples échafaudages qui encadrent des lames de bois monumentales, fines et courbes. Ils les découpent, les rabotent et les lissent, sous un vacarme de crissements déchirants et de grincements aigus répétés. Les pièces qu’ils créent, accrochées par des systèmes de poulies, sont très différentes les unes des autres.
Devant moi, la plus proche m’évoque un extraordinaire oiseau en plein vol. La deuxième… un modèle agrandi de nos yortalks… La troisième… après réflexion, une tranche démesurée de tuïa, le champignon ligure.
« Ce sont les pièces qui vous sont demandées ? interroge Ève.
— Oui ! Oui, oui, acquiesce Rwal. Regardez autour… Les cerclages de métal. Ce sont les gabarits que nous fournissent les Vesphéris.
— Et quelles sont les… particularités de ces pièces ? demande Mel.
— Ça… c’est une tout autre histoire ! Voulez-vous… une démonstration ?
— Oh oui ! s’exclament en chœur Jade et Thomas.
— Wörl ! crie Rwal qui s’adresse à l’un de ses congénères. On peut descendre ?
— Non, non, non ! » réplique le Nayaside qui gesticule des deux bras.
« La pièce n’est pas prête !
— On va attendre, le rassure Rwal qui s’adresse à nous, l’air inquiet, soucieux. Et ? Qu’allez-vous faire… cet après-midi ? Quand les Vesphéris reviendront ? S’ils reviennent…
— Eh bien, répond Ève, nous improviserons… Je te donnerai les consignes. »
La réponse floue, plutôt lapidaire, ne le rassure pas vraiment… Il nous entraîne pour une visite de la salle… lorsque l’intensité de l’éclairage, assuré par de multiples rampes verticales doubles, diminue… Ce qui ne surprend que nous.
« Je ! » crie un Nayaside perché qui lève les bras. Il s’approche d’un bout de la corniche… et, les deux mains levées, saute pour s’accrocher à une corde… Une corde qui, en descendant, entraîne un dispositif métallique… Le dispositif, associé à un ingénieux système de contrepoids, remonte le long de chaque rampe… et électrise l’intérieur des doubles tubes… ce qui réenclenche l’éclairage… et me rappelle nos tubes d’Orka !
« Un nouvel exemple de coopération avec les Nayaks, nous précise Rwal avant de se faire héler par l’un de ses congénères. Bien… Nous sommes prêts pour une démonstration… Mais attention ! Elle n’est pas garantie… ce n’est qu’un premier essai.
— C’est-à-dire ? demande Jade.
— Vous allez voir… Venez ! »
Deux Nayasides déplacent des cloisons amovibles pour dégager l’accès à une vaste galerie qui, creusée dans la roche, s’enfonce en pente douce… Quatre rails occupent le plafond.
Nous suivons Rwal dans la descente… et les cloisons se referment derrière nous…
Cela fait un bout de temps que nous descendons, lorsque l’éclairage baisse à nouveau…
« Attendez », nous demande simplement Rwal. Malgré l’insistance de Jade et de Thomas, il refuse de dire où nous allons… L’éclairage revient, nous poursuivons la descente… jusqu’à nous retrouver devant de nouvelles cloisons qui nous barrent le passage. Rwal sort, puis gratte, son engin musical… Les cloisons s’ouvrent… poussées par deux Nayasides que nous reconnaissons, les irréductibles Gral et Wröl !
« C’est vous ?! s’étonne Thomas.
— Oui, oui, oui.
— Et qu’est-ce que vous faites là ? continue Thomas.
— Vous allez voir ! réplique Gral.
— Ici, vous allez découvrir les particularités de l’âme du grawé blanc, poursuit Wröl. Les pièces que nous créons, celles que vous avez aperçues là-haut, et celle qui se trouve ici, sont composées exclusivement de grawé blanc. La première partie de notre tâche se réalise en haut… avec l’aide de gabarits. Ici, nous affinons la pièce… afin qu’elle corresponde exactement aux attentes de Cherfa.
— Mais ? On est où ici ? interroge Thomas.
— Et pourquoi c’est si profond ? renchérit Jade.
— Nous sommes sous la falaise, répond Rwal. La profondeur est nécessaire… pour la sécurité de Nayasis.
— Hein ? s’étonne Thomas, les yeux exorbités.
— Vous allez comprendre », ajoute mystérieusement Rwal.
Nous traversons une longue salle vide… jusqu’à de nouvelles cloisons de bois que poussent Gral et Wröl… révélant, à nos yeux stupéfaits, un décor tout à fait inattendu !
Les murs de cette nouvelle salle sont en béton. Deux énormes portes, ouvertes, au blindage impressionnant, nous laissent entrevoir la pièce suivante, un véritable bunker dont une partie de la paroi du fond est vitrée…
Nous avançons en compagnie des Nayasides, jusqu’à la console située sous la baie vitrée… Nouvelle surprise ! Et surprise de taille : de l’autre côté de la vitre se trouve une immense salle blindée ! Une enceinte sphérique futuriste complètement décalée. Les parois, couvertes par d’innombrables alvéoles noires, me rappellent celles des chambres d’écho. Les pièces réservées pour nos entraînements soniques. Au sommet de la sphère se trouve une espèce de pont roulant, équipé d’un chariot treuil, au bout duquel un palonnier retient une grande pièce de bois. Une sculpture complexe en forme d’hélice tripale. Ce qui est assez surprenant… c’est le fait que les voies de roulement du pont, qui proviennent du rez-de-chaussée, descendent la galerie, traversent notre pièce…pour former une double ellipse autour de la sphère… Comme si le système allait se jouer de la gravité… ou comme si l’ensemble de la sphère allait pivoter ?
« Zröl, commence Gral avec un air de componction, était notre spécialiste… Le seul à maîtriser l’art du positionnement de la pièce à étudier… Moi je fais… au mieux… » Il manipule une espèce de joystick… et la pièce de bois descend vers le cœur de la sphère… Gral fait ensuite pivoter la pièce…
« Quand vous étiez là-haut, reprend Wröl, vous avez dû apercevoir les gabarits… Et voici la clé… qui contient les caractéristiques demandées », ajoute-t-il en nous présentant une large clé plate complexe dans le creux de sa main gauche. Son extrémité arrondie est gravée d’un symbole qui reproduit la forme de la pièce.
« Je suis prêt, informe Gral.
— Premier essai ! » annonce Wröl qui introduit la clé dans une fente de la console… Dans un soufflement pneumatique, les portes blindées se referment… Il tourne la clé d’un demi-tour… et l’intensité des lumières s’abaisse…
« Allez ! C’est parti ! » Il appuie sur un gros bouton noir. Une vibration s’élève aussitôt ! Vibration si puissante que je porte instinctivement les mains aux oreilles. La vibration se module, elle se transforme en son pur, cristallin ! Lorsque me parvient la voix d’Ève : « Ce secteur ! Il est complètement isolé… Nous sommes coupés du monde extérieur ! » Elle grimace.
Une deuxième vibration vient s’ajouter, aussi puissante que la première, mais elle évolue vers un son différent… Puis une troisième… une quatrième… une cinquième… et les lumières s’éteignent… sans que nous soyons, pour autant, plongés dans les ténèbres… Une étrange lueur émane de la pièce de bois qui vibre sous la puissance du composé harmonique…
Comme portées par des vagues, les alvéoles de la sphère entament un lent va-et-vient… elles se mettent à danser ! Pensant être victime d’une hallucination, je cligne des yeux… mais c’est l’espace entier qui semble se gondoler ! Wröl appuie des deux mains sur le gros bouton noir ! Ce qui stoppe immédiatement le vacarme assourdissant et rallume les lumières…
« C’est tout ? s’étonne Jade, alors que Thomas, Adam et Mel grimacent et tentent de déboucher leurs oreilles.
— Pour ce premier essai, répond Rwal. Il ne manque pas grand-chose.
— Nous allons affiner la pièce », précise Gral qui reprend le joystick. Il remonte la pièce de bois, manœuvre le chariot treuil pour la rapprocher de la cloison, cloison qui s’ouvre… Le chariot glisse sur les rails du plafond jusqu’au centre de notre salle… et le palonnier descend pour rabaisser l’hélice…
Adam s’avance vers l’ouverture, je m’approche pour observer le fond de la sphère… Les alvéoles ont repris leur place.
« Tu les as vus bouger ?
— Oui, me répond-il, l’air contrarié. J’aime pas trop ça… Ça fait vraiment… apprenti sorcier.
— Ça fait un d’ces boucans ! s’exclame Mel. C’est normal, le bruit ?
— Chaque clé contient le code d’une harmonie spécifique, explique Wröl. Les vibrations sont reproduites par un appareil et notre pièce de bois doit entrer en résonance.
— Et… c’était pas bon, là ? demande Thomas.
— Presque ! » répond Gral qui s’approche de l’hélice tripale. Il l’observe attentivement, repère des marques de brûlures, et, une râpe à la main, lime légèrement la pièce de bois… jusqu’à faire disparaître les cicatrices brunes. Ensuite il ponce, polit et lustre avec un chiffon.
« J’ai terminé ! » Il range ses outils, reprend place devant la console… et ramène la pièce de bois au cœur de la sphère.
« Prêt… pour le deuxième essai !
— Deuxième essai ! confirme Wröl qui redonne un demi-tour de clé. Attention aux oreilles ! » précise-t-il à notre attention, non sans ironie. Il appuie sur le bouton noir et les vibrations reprennent…
Lorsqu’arrive la cinquième vibration… l’hélice lumineuse paraît s’éloigner… ou rapetisser, alors que la sphère entière se dilate ! Je me sens traversée par une onde de chaleur… et l’atmosphère semble prendre corps ! Le composé harmonique devient plus grave… le temps ralentit… Un voile luminescent blanc m’enveloppe, brouillard peuplé d’ombres éthérées qui filent et virevoltent dans toutes les directions…
« Vous êtes là ? » Aucun son ne sort de ma bouche. « Adam ?… T’es là ? » Le brouillard se dissipe soudain, et l’espace retrouve sa place en un instant, les lumières se rallument.
« Waouh !… C’était quoi ça ? s’exclame Jade.
— On aurait dit… un passage vibratoire vers d’autres dimensions ! propose Adam. Une déchirure de l’espace-temps !
— Quelque chose comme ça, reprend Thomas. Wouah ! Ça décoiffe…
— Vous voyez, répond Wröl, les deux bras levés, tout excité. On n’s’en tire pas trop mal sans Zröl.
— Merci, Zröl, ajoute Gral, d’avoir partagé tes connaissances… La pièce est prête, nous allons pouvoir la remonter, dit-il en reprenant le joystick.
— Mais ? Qui a arrêté l’expérience ? s’étonne Ève.
— Le système, répond Rwal. Les sons stoppent automatiquement au bout d’un certain temps.
— Il n’y a pas de risque d’emballement ?
— Non, non, non ! réplique Rwal. Heureusement. »
Gral a sorti l’hélice tripale de la sphère, il poursuit la manœuvre et les portes blindées s’ouvrent pour laisser passer le chariot treuil et son précieux chargement…
« Ah !… Ça y est ! J’ai retrouvé le monde extérieur, nous informe Ève. C’est l’ouverture des portes ! Lepte ?… Lepte ?… Tu m’reçois ?… T’es toujours là ?
— Oui, Ève.
— Je pense que nous venons de découvrir quelque chose… qui pourrait vous intéresser… au plus haut point !
— Oui…
— Nous venons d’assister… à une démonstration… incroyable ! Les pièces de bois fabriquées par les Nayasides… entrent en résonance… avec l’espace environnant ! Des pièces d’un dispositif emnos ! Un dispositif qui pourrait… peut-être… interagir avec les ondes gravitationnelles !
— Il pourrait même s’agir d’un dispositif plus avancé, réfléchit Lepte. Ce que craignent nos scientifiques.
— On n’peut pas laisser ces pièces aux Emnos, juge Ève. Mais on n’peut pas non plus mettre les Nayasides en danger.
— Vous laissez les Vesphéris embarquer le chargement… ensuite vous intervenez à bord de leur vaisseau.
— À la Sipséis ? interroge Mel.
— Sans vous faire repérer, précise Lepte.
— Et nous détruisons… le vaisseau ?… et son chargement ? demande Ève.
— Non ! Le chargement nous intéresse, souligne Lepte.
— Tiens ?… Surprenant ! réplique Ève. Le contraire m’aurait étonnée.
— Vous neutralisez le vaisseau, les Solènes s’occupent du reste.
— Et pour la pyramide ? interroge Adam.
— Nous nous en occupons.
— Tiens ?… Elle aussi vous intéresse ? reprend Mel.
— Ne faites pas de mal aux Nayasides, précise Jade. D’autant que le danger… que représente leur travail, s’épuise comme leur matière première.
— Merci.
— Ça m’a l’air… super important c’t’histoire, ajoute Mel.
— Le travail des Nayasides doit avoir une importance capitale… pour les Emnos, médite Adam.
— Les pièces en grawé… ajoute Thomas, l’air pensif.
— Alors pourquoi les arbres disparaissent ? s’interroge Jade.
— Ça ?… répond Mel avec une moue dubitative. Mystère… »
