Chapitre 14

Perthie

Je hurle de douleur, un cri désespéré qui déchire le silence des ténèbres. Mon corps est secoué de tremblements incontrôlables, une chaleur glacée me recouvre, et la sueur glisse sur ma peau, froide et dense comme un voile de terreur. Le vide autour de moi est assourdissant. Où suis-je ? Que s’est-il passé ? Les questions frappent mon esprit dans un tourbillon, mais je ne parviens pas à saisir les réponses. Je suis comme une âme errante, suspendue entre deux mondes.

“02 : 40″ !? L’affichage digital m’éblouit de sa lueur froide, tranchante, irréelle. Mon regard se fixe dessus, comme une ancre dans cette mer de confusion. Il y a une étrange sérénité dans l’ordre de ces chiffres, mais elle n’arrive pas à chasser l’oppression qui m’envahit. Je suis assise… sur un lit ? Tout me semble flou, flanchant entre la réalité et l’étrange sensation d’avoir été aspirée hors du temps.

« Lumière ! » Je souffle ces mots presque instinctivement. Et la pièce s’illumine. Un plafond blanc, immaculé, où des lumières indirectes émanent d’une corniche. Les murs sont d’un gris-vert apaisant, mais les tons froids et métalliques du mobilier gris-rose me frappent d’une étrange incongruité. Le sol crème, bien qu’anodin, accentue l’étrangeté de l’environnement. C’est… ma cabine ? Mon lit ? Tout semble normal et pourtant, je sens que quelque chose ne va pas. C’est une sensation de malaise, de décalage qui reste suspendue dans l’air.

Mes mains, mes bras, mes jambes… Je les examine frénétiquement, comme pour vérifier si elles sont vraiment les miennes. Je rejette violemment le drap, cherchant des indices, des signes de ce qui pourrait ne pas être réel. Le doute… Une légère panique me saisit alors que je parcours mon corps de mes doigts tremblants. Mes joues, mon visage, mes cheveux… tout semble à sa place, presque trop normal.

Je me lève brusquement, la tête lourde de pensées confuses, et me dirige vers la salle d’eau. Mon corps est encore tendu, une vague d’appréhension me parcourt tandis que je m’approche du miroir. Je m’observe longuement, comme si ce simple reflet pouvait détenir des réponses. Je scrute chaque détail, cherchant le moindre signe de ce que j’ai vécu, de ce qui m’échappe. Rien. Rien d’anormal. L’angoisse qui m’étreint se dissipe lentement, bien que l’anxiété soit toujours présente, suspendue quelque part, profondément enfouie.

Un souffle long, lent, enfin régulier. Ce n’était qu’un cauchemar. Un cauchemar si terriblement réel, si tangible, que même mes doigts semblent en porter encore la trace. Mais il faut que je me débarrasse de cette sensation. Hors de question de me rendormir et de replonger dans cet abîme de terreur !

Je choisis de prendre une longue douche. L’eau chaude glisse sur ma peau, efface la sueur, chasse les derniers vestiges de l’angoisse qui me rongeait. La chaleur du jet me réconforte, me calme. Une sensation de normalité s’installe peu à peu. Mais, dans mon esprit, l’écho de ce rêve effrayant reste là, comme un murmure qu’on ne parvient pas à effacer.