Nous venons de quitter le bureau de Winta Zimo. Pour savoir que faire et où aller, Maman s’est adressée à Sarah. Et Sarah l’a mise en relation avec une personne de l’équipe… du professeur James Carlyle ! Entendre le nom du professeur nous a aussitôt fait réagir, mais nous avons préféré ne rien dire. Leur expliquer l’aventure des compagnons, il va de soi dans le détail, leur parler de l’Organisation, de ses origines, de son histoire, serait beaucoup trop long. Et nous n’avons pas le temps, car les évènements s’accélèrent !
Ça bouge à tel point que je dois revoir ma copie. Je pensais pouvoir calmer le jeu en intervenant personnellement auprès des leaders récalcitrants… Mais les désaccords entre Tanacé et Alak Palaïd sont visiblement encore bien plus profonds que je ne le pensais. Un Tanacé vient même d’être endommagé… Le Tanacé 5. Endommagé… Que dis-je ! Bien pire ! Un Palaïd kamikaze s’est fait exploser dans un moteur du Tanacé ! Et la poupe du vaisseau mère est en train d’imploser ! Les vaisseaux quittent le navire en ordre serré… Alors quelles seront les prochaines réactions ? Réactions qui ne tarderont pas. Nous devons être prêts à intervenir. Éoïah me fixe, les yeux grands ouverts : « Un autre Tanacé va s’écraser !
— Je sais. Maman, Papa… Je suis désolée d’vous dire ça… mais nous devons vous quitter.
— Quoi ? s’exclame Maman, l’air stupéfait.
— Nous devons vous laisser. Le devoir nous appelle, grimace Mel.
— Mais ? objecte Maman qui reste figée.
— Où et quand est-ce qu’on s’revoit ? demande Anna.
— Très prochainement ! Dès qu’les évènements le permettront. »
Je fais la bise à Éria, Mathias, Anna, Lewis, saute dans les bras de Papa que je serre fort, avant d’aller réconforter Maman.
« Prends bien soin de toi… de vous, me dit-elle à l’oreille. Je t’aime…
— Moi aussi je t’aime, Maman. »
Je tends une main vers Mel qui m’entraîne… C’est bon de le retrouver physiquement ! Et c’est réjouissant que l’on se retrouve tous les six, même si l’heure n’est pas à la fête. Nous étions en contact télépathique, nous nous réunissions sur notre Jèmaté, mais y a pas à dire, le contact physique apporte une autre dimension !
Nous courons vers un escalator à l’arrêt, descendons les marches quatre à quatre pour arriver dans un grand hall. Nous le traversons vers la sortie, mais les portes automatiques ne s’ouvrent pas. Mel prend un peu de recul, il hoche la tête et se dirige vers une porte de secours. Il pousse le battant… et la porte s’ouvre sur l’extérieur…
C’est un terrible spectacle que de voir le paysage recouvert d’une pellicule noire, luisante, aux reflets écarlates ! Le tableau, désolant, me rappelle les images des pollutions des siècles passés… J’ose espérer que tout ça ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir…
« Et nous donc ! » réagit Adam.
En prenant garde à ne pas glisser, nous nous précipitons vers le hangar où notre soucoupe est parquée. Si notre camouflage avait été engagé, nous pister aurait été aussi simple qu’une promenade. À chaque pas, le dépôt colle à nos semelles et le bitume réapparaît. La couche n’est que superficielle.
La porte du hangar s’ouvre à notre approche. L’entrepôt semble vide. Nous avançons de quelques pas, et la soucoupe solène se révèle ! J’ai grand plaisir à retrouver enfin notre vaisseau. Éoïah monte la première et s’approche du bandeau central. « Alors ? » Elle attend mes directives. Je me recentre sur les évènements… Tanacé 5 est en perdition, il est entré dans l’atmosphère. Enflammé par le plasma, il se désagrège, il va s’abîmer quelque part dans le Pacifique… Les appareils du vaisseau mère se dirigent vers l’Amérique du Sud… « Trop tard pour Tanacé 5. Rejoins l’escadre de vaisseaux mères. C’est sur Tanacé 4 que nous devons veiller. »
