De retour sur la place Thaïty Kerst, Lepte nous guide vers un building à la porte tambour ornée d’un motif géométrique, gris acier, où cinq losanges entrecroisés semblent s’entrelacer comme des symboles mystérieux.
Un corridor vitré, envahi par une véritable jungle végétale, serpente autour du bâtiment, un contraste saisissant avec la modernité du lieu. Les plantes grimpent le long des parois transparentes, apportant une touche de nature dans cet environnement urbain.
Nous entrons dans un hall spacieux, baigné par la lueur douce de grands lustres circulaires suspendus au plafond, d’où pendent des chevelures lumineuses, presque éthérées. Le sol, blanc et gris chiné, reflète les lumières avec une subtilité presque hypnotique. Au centre, des cabines d’ascenseurs noir et argent se dressent, sobres et élégantes.
De chaque côté d’un comptoir en métal poli, noir, orné du motif des losanges, des escaliers élégants, au garde-corps métallique noir, mènent vers le niveau inférieur. L’Éthaïre derrière le comptoir nous sourit. Lepte s’avance vers lui, elle lui fait un signe de tête, et nous invite à descendre.
Il s’agit en réalité d’un seul escalier à double volée. Nous le descendons, pour aboutir dans une pièce spacieuse, presque silencieuse, où le plafond bas crée une atmosphère intime. Les couleurs dominantes sont le rouge cardinal et le chocolat, créant une sensation de chaleur et de confort.
L’espace est divisé en alcôves intimes, chacune aménagée en petits salons feutrés, baignés d’une lumière tamisée. Quelques Éthaïres sont installés sur des banquettes de cuir brun épais. L’un d’eux semble avoir sombré dans un profond sommeil, sa respiration calme brisant le silence.
Au fond, deux silhouettes se lèvent. Les enfants, excités, ne peuvent retenir leur enthousiasme : ils se mettent à courir… et se jettent, en criant de joie, dans les bras des deux figures familières. Les parents d’Éoïah !
Leur apparence est presque surnaturelle, fidèle à la représentation des Ligures que nous avons vue au Palais des Congrès.
Incroyablement proches de nous, mis à part leurs iris rouge-orangé qui captent la lumière d’une manière à la fois étrange et fascinante.
Ils semblent âgés d’une trentaine d’années.
L’homme est robuste, tonique, et dégage une énergie immédiate qui capte l’attention. Il mesure à peu près la même taille qu’Yves, avec une carrure athlétique qui suggère une vie active. Ses longs cheveux blonds sont soigneusement ramenés en arrière et retenus en une queue de cheval basse, tandis que des boucles d’oreilles argentées scintillent à chaque mouvement de tête. Une barbe blonde touffue, bien entretenue, se marie parfaitement avec ses traits fermes et son regard perçant. Ses yeux, d’un éclat flamboyant, illuminent son visage d’une vivacité contagieuse, leur intensité tranchant avec la douceur de ses pommettes arrondies et de son nez droit, bien proportionné.
Il porte un sourire large et sincère, une expression qui laisse deviner un caractère jovial et sociable, quelqu’un qui aime la compagnie et ne se laisse jamais abattre. Il semble du genre à égayer une pièce dès qu’il y entre, et je l’imagine aisément, dans plusieurs années, incarner un père Noël remarquable, un rôle qui lui siéra à merveille.
Son habillement est tout aussi unique et expressif. Il porte une longue tunique bariolée, avec des rayures verticales qui varient en largeur, sur une chemise à motifs floraux, où les camaïeux de rouge et d’orangé se mêlent en une danse de couleurs chaudes et dynamiques. Le pantalon ample qu’il porte est d’un jaune moutarde éclatant, contrastant joliment avec le reste de sa tenue. À ses pieds, des sandales spartiates de couleur fauve, à la fois confortables et élégantes, complètent son ensemble.
Un collier de perles noires et de billes métalliques, entrecoupé de cristaux noirs facettés, orne son cou, suspendu à une chaîne argentée qui capte la lumière à chaque mouvement. L’ensemble de sa tenue semble délibérément extravagant, une manière pour lui de s’affirmer sans complexe, de porter son individualité avec fierté. Il dégage une impression de personne en paix avec elle-même, en harmonie avec son monde et les autres autour de lui.
La femme a la silhouette élégante et les formes gracieuses d’Éria, une prestance qui mêle douceur et assurance. Elle porte une longue tunique aux rayures verticales, où l’ambre chaud se mêle délicatement à l’ivoire crème, créant une fluidité visuelle qui accentue son allure raffinée. Un large ceinturon brun, décoré de grands anneaux dorés, ceint sa taille avec subtilité, ajoutant une touche de structure à sa tenue. Le col, les poignets et le bas de sa tunique sont finement brodés de motifs floraux aux couleurs vives ; des touches de rouge cerise, de turquoise et de jaune moutarde qui se détachent avec éclat sur le fond plus sobre de la tunique.
Sa longue chevelure blonde, naturellement frisée, cascade en boucles douces autour de son visage. Elle est retenue par un petit diadème argenté, orné d’une perle noire, en harmonie avec les grandes boucles d’oreilles qui pendent de chaque côté de son visage, ajoutant un éclat subtil à son allure déjà resplendissante.
Son visage est rond et lisse, avec un teint d’une douceur parfaite, comme sculpté dans une matière lisse et soyeuse. Son nez, petit et court, donne à ses traits une touche de candeur, tandis que ses lèvres, fines et bien dessinées, trahissent une douceur en même temps que la force tranquille d’une personnalité affirmée.
Ses yeux en amande, pétillants et lumineux, sont animés par une émotion profonde, comme si chaque regard qu’elle porte est empreint de bienveillance et d’empathie. Des larmes de bonheur brillent sur ses joues, témoignant de la sincérité de ses sentiments ; et elles glissent doucement, comme si le simple fait d’être présente dans ce moment de partage lui apportait une joie infinie.
Je vois que les enfants lui parlent naturellement, sans aucune retenue, en confiance, comme s’ils percevaient instantanément la gentillesse et la chaleur qu’elle dégage. Il est évident qu’elle incarne une bienveillance profonde, mais aussi une douceur qui réconforte, une douceur qui va au-delà de l’apparence et se ressent dans la manière dont elle se tient et interagit avec son entourage. Elle est l’exemple même de l’empathie incarnée.
« Je vous présente Alohéa, la maman d’Éoïah », annonce Adam, qui se souvient visiblement de la demande de son père. « Et Éhoé, son papa », ajoute-t-il ensuite, la voix plus basse, un peu hésitante, comme s’il mesurait l’importance de ses mots.
« Bonjour, les Humains ! » lance Éhoé d’une voix de basse profonde et résonnante. Il fronce les sourcils, son expression devenant presque un masque de curiosité, avant de se détendre, affichant un large sourire. « Vous me comprenez ? » demande-t-il avec une lueur espiègle dans les yeux.
Je désigne mon oreille de l’index, un geste léger, mais bien visible, et me tourne pour lui présenter l’interface linguistique.
« Excellent ! Nous sommes vraiment enchantés de faire votre connaissance !
— Nous avons beaucoup entendu parler de vous tous, continue Alohéa, sa voix grave résonnant comme une mélodie douce, mais assurée. Vos enfants… sont très attachants, n’est-ce pas Éoïah ? » ajoute-t-elle en se tournant vers sa fille, un sourire chaleureux illuminant ses traits fins. Elle dégage une telle douceur, une chaleur maternelle qui semble nous envelopper.
— Bonjour à vous. » Je m’avance lentement, une légère nervosité me serrant la gorge. Il y a tant d’émotions en jeu, tant de questions que je me pose sur eux, sur ce monde si différent. « Nous sommes ravis de vous rencontrer, dis-je en balbutiant presque. Vous me comprenez ? » Leur regard s’attarde sur moi, mais dans leurs yeux, je ne vois aucune perplexité. Ils joignent leurs mains contre leur poitrine, dans un geste à la fois solennel et respectueux, avant de hocher la tête en parfaite synchronie. C’est comme si tout en eux exprimait cette forme de compréhension mutuelle qui transcende les mots, un lien qui nous unit sans qu’il soit nécessaire de chercher des explications.
Leurs gestes, leur manière d’être, tout cela résonne comme une invitation à être plus ouverts, à franchir les frontières invisibles qui se dressent entre nous, entre les différentes réalités de notre existence. Une rencontre qui dépasse les simples échanges de mots pour toucher quelque chose de plus profond, quelque chose de l’ordre de l’âme.
« Parfait. Je suis Anna, la maman d’Adam, et la responsable, si j’puis dire, de notre groupe. Nous n’avons pas souhaité enlever votre fille…
— Ooohh ! s’exclame Éhoé, visiblement surpris par ma remarque. Nous n’en doutons pas un seul instant ! » Il sourit franchement, un sourire qui semble englober tout l’espace autour de lui, une lueur chaleureuse dans ses yeux.
« C’est le choix de notre fille, poursuit Alohéa. Adam et Éoïah s’entendent à merveille, et tant qu’ils sont heureux ensemble. Nous ne souhaitons que leur bien-être, leur bonheur.
— Bien sûr. » J’approuve de la tête, mon regard se perd un instant dans l’air, comme pour tenter de saisir toute la complexité de cette situation. « Mais ne pas voir son enfant… pendant trois ans… c’est déjà très dur… alors le double… »
Un silence lourd, imprégné de cette vérité douloureuse, s’installe entre nous.
« Certes, répond Alohéa, d’une voix pleine de compréhension.
— Alors s’ils repartent, comme prévu, dans quelques jours… » Je suis prise d’un doute soudain, un léger frisson me traverse. « Au fait, Lepte ? Éoïah suit nos enfants pour la prochaine formation ?
— Oui, Anna. Éoïah apporte une autre vision, une perception différente, un équilibre aux Humains. »
Alohéa hoche lentement la tête, ses yeux brillent d’une sagesse profonde, comme si elle savait exactement ce que cette formation représente pour nos enfants, mais aussi pour nous.
« Nous avons le même ressenti, poursuit Alohéa. Le temps ne se rattrape ni pour vous ni pour nous. »
Un sourire triste, empreint de cette forme de résignation silencieuse, traverse son visage.
« Et c’est pour cette raison que nous sommes ici, ajoute Éhoé qui joint ses mains dans un geste de prière, comme pour sceller la profondeur de ses mots. Comme pour faire votre connaissance, maintenant que nos destins sont liés. »
Je le regarde, un peu surprise par la solennité du moment. Puis il se tourne vers Lepte, un sourire en coin.
« Lepte, nous passons à côté, nous aurons plus de place. » Il indique une alcôve avec trois grandes banquettes en arc de cercle autour d’une table basse ronde, ses yeux brillant d’une malice bienveillante. Il semble avoir une façon de donner à tout moment une touche de légèreté, comme pour alléger l’atmosphère lourde d’émotions.
Nous nous présentons chacun notre tour, dans une légère confusion, comme si nous ne savions pas vraiment par où commencer. Puis, Lepte prend la parole et nous précise qu’Éhoé est un délégué ligure de la Communauté. Son ton est détaché, presque informel, mais son regard trahit l’importance de ce rôle. Éhoé, pourtant, ne rebondit pas sur ses propos officiels. Il détourne habilement la conversation avec une touche d’humour, comme pour alléger un peu l’atmosphère.
Les enfants, visiblement ravis de retrouver leurs repères, se lancent alors dans le récit de leurs trois années passées sur Zadari. Leur enthousiasme est contagieux. Ils parlent avec une énergie débordante, chacun ajoutant ses anecdotes, ses petits détails, et leurs éclats de rire résonnent comme des souvenirs heureux qu’ils savourent ensemble.
Après leur récit, nous décidons de partir dîner, guidés par Lepte, vers un restaurant de spécialités ligures. L’endroit est chaleureux, décoré dans des tons terreux qui rappellent la nature, l’harmonie des couleurs et des matières. À notre arrivée, des hologrammes de plats commencent à apparaître devant nous, flottant dans l’air comme des visions appétissantes. Chaque plat est plus tentant que le précédent, des éclats de lumière révélant des détails aussi fins que les textures des mets eux-mêmes.
Alohéa et Éhoé, qui connaissent chaque plat comme un trésor de leur patrimoine, nous renseignent avec une passion évidente. Leurs yeux brillent lorsqu’ils nous parlent des saveurs typiques de leur monde, des traditions culinaires ligures transmises de génération en génération. Ils nous conseillent sur les plats en décrivant chaque ingrédient avec un soin méticuleux, racontant l’histoire derrière chaque recette. Pour eux, chaque mets est un morceau de leur identité, et leur enthousiasme est contagieux.
Je choisis une okaï, un potage chaud et épicé, aux légumes sucrés, dont l’arôme enveloppant promet une douceur relevée. Ensuite, un assari wahé, une viande rôtie à la perfection, fondante sous la dent, accompagnée d’une ratatouille savamment assaisonnée et de légumes croquants enrobés d’une crème onctueuse. Pour le dessert, une assiette de vahiaté : de petits cubes d’une crème glacée jaune beurre, à la texture soyeuse et au goût envoûtant, un équilibre subtil entre la vanille et le caramel au beurre salé. Chaque bouchée est sublimée par de fines tranches de fruits confits, piquées sur des cure-dents comme de petites offrandes gourmandes.
Cette cuisine, à la fois raffinée et originale, surprend autant par ses associations de saveurs que par sa présentation soignée. Pour accompagner le repas, les boissons proposées vont des jus de fruits frais à la sihaé, une boisson ambrée gazeuse, légèrement alcoolisée, dont la saveur évoque une bière au gingembre, relevée d’une pointe épicée et rafraîchissante.
Le repas terminé, Lepte et les Ligures nous dirigent vers le réseau souterrain, où nous sommes immédiatement entraînés par une cohue inattendue. Une marée d’Éthaïres se presse autour de nous, disciplinée, mais dense, avançant à un rythme lent et régulier.
Plus nous progressons, plus la foule s’épaissit, ralentissant notre marche jusqu’à la rendre presque pénible. Nos guides, toujours attentifs, bifurquent sur la droite, empruntant un couloir moins fréquenté. L’accalmie est de courte durée : à peine quelques mètres plus loin, nous nous heurtons de nouveau à un flux ininterrompu de silhouettes vêtues de blanc. Pourtant, malgré l’affluence, il n’y a ni heurts ni agitation. La foule éthaïre est paisible, fluide, portée par une sérénité étonnante. Il ne nous reste plus qu’à suivre le mouvement et prendre notre mal en patience.
Un monte-charge nous élève enfin jusqu’au pied d’un long corridor en pente douce. Nous le remontons et débouchons sur une immense arène circulaire, baignée d’une lumière diffuse et uniforme.
Nous nous trouvons au niveau de la première des trois séries de gradins qui encerclent une vaste scène dont le sol rouille tranche avec l’éclat pâle des assises. Nous prenons place sur de simples gradins gris, recouverts d’une matière souple beige foncé, qui absorbe notre poids avec une douceur surprenante.
Autour de nous, un flot ininterrompu d’Éthaïres continue d’affluer, remplissant le stade à une vitesse impressionnante. Bientôt, plus un espace vide ne subsiste. Une mer blanche nous encercle, silencieuse et compacte. Nous sommes un minuscule tiret coloré noyé dans une immensité uniforme.
La lumière s’adoucit progressivement, plongeant l’arène dans une pénombre feutrée… puis s’éteint totalement. Un silence vibrant s’installe, aussitôt brisé par un léger grondement mécanique : au-dessus de nos têtes, le plafond se rétracte lentement, révélant un ciel d’un noir absolu, piqueté d’étoiles scintillantes.
Une première note de violoncelle s’élève, vibrante, profonde, bientôt rejointe par un orchestre symphonique dont la mélodie s’amplifie, puissante et envoûtante. Au centre de la scène, un éclat doré perce l’obscurité : une sphère lumineuse, d’un jaune solaire, apparaît en lévitation, irradiant une lueur douce et mouvante.
Dans cette atmosphère empreinte de solennité, quatorze silhouettes s’avancent d’un pas mesuré. Ce sont des Ligures, drapés de longues tuniques ondoyantes aux reflets moirés, dont les mouvements fluides semblent accompagner le chant des instruments. À voix basse, Alohéa et Éhoé nous murmurent les prémices du spectacle : un opéra-ballet issu de leur patrimoine ancestral, une œuvre magistrale racontant la naissance de Cliona, leur étoile, et celle de ses enfants, les divinités d’autrefois.
Autour de nous, l’assistance retient son souffle. L’instant est suspendu.
Les artistes enchaînent plusieurs morceaux, leurs voix s’élevant en harmonie avec les instruments, tandis que des lueurs mouvantes enveloppent la scène, pulsant au rythme des accords. Chaque note semble donner naissance à une onde lumineuse, un souffle de couleur qui danse autour des interprètes et se propage jusqu’aux gradins. Puis, dans une apothéose éclatante, l’opéra s’achève sur un formidable feu d’artifice d’effets holographiques, projetant dans l’arène un ballet d’étoiles filantes et de constellations éphémères.
Les enfants se lèvent d’un bond et applaudissent avec enthousiasme. L’onde sonore de leurs battements de mains résonne, isolée, incongrue, suspendue dans l’attente d’une réaction. Tout autour, les Éthaïres marquent un temps d’arrêt, surpris… puis un frémissement parcourt l’assemblée, et peu à peu, l’ensemble du public suit leur élan. Les applaudissements montent, se répandent, remplissant le stade d’une ferveur nouvelle.
Éhoé se lève à son tour, suivi d’Alohéa. Ils nous adressent un regard empreint de gravité, haussent légèrement les épaules dans un geste fataliste. Puis, sans un mot, ils attirent les enfants dans leurs bras, les serrant longuement contre eux avant de nous adresser un dernier sourire.
« Nous nous reverrons avant la dernière formation », promet Alohéa.
Ils s’éloignent, descendant vers la scène à contre-courant de la foule qui quitte l’arène dans un calme solennel. À mi-chemin, ils se retournent une dernière fois, nous saluent d’un geste… puis rejoignent la troupe de Ligures et disparaissent parmi eux.
Lepte nous guide alors hors du stade, nous conduisant jusqu’à la passerelle d’un nouvel altaref. Cette fois, l’appareil est au complet, et, à peine installés, nous percevons son départ, aussi fluide et imperceptible que l’aller.
Nous quittons Lepte pour remonter à l’air libre près de la tour Aktar. Le soir tombe, et les premiers éclairages s’allument, projetant une lueur douce sur les surfaces humides. L’air porte un mélange de senteurs : la résine des arbres, les embruns salés, et cette fraîcheur particulière laissée par la pluie récente. Le sol encore détrempé reflète par endroits les lueurs naissantes de la ville.
Plutôt que de rentrer directement, nous décidons de faire un détour par le sentier côtier. Thaïty s’incline lentement à l’horizon, embrasant le ciel de teintes violacées et d’un rouge profond, presque sanguin. À la demande des enfants, nous descendons sur la plage, où le sable, encore gorgé d’eau, garde l’empreinte de nos pas. Jade et Thomas s’amusent à lancer des cailloux dans l’eau, brisant la surface sombre de petites ondulations concentriques.
Nous remontons à la nuit tombée. Les chemins balisés par d’étranges bornes lumineuses en forme de champignons. Invisibles en plein jour, réduites à de simples disques incrustés dans le sol, elles s’élèvent au crépuscule, projetant une lueur douce qui danse aujourd’hui sur la végétation humide.
