Chapitre 7-16

Artolon Ors Guiliax – Pacifique Sud

La secousse ! Violente ! Brutale ! Attendue, désirée, mais redoutée ! Assommé dans l’instant, le souffle coupé, je me rends compte que les vibrations ont cessé… Mon module s’est bien éjecté ! Je ressens la pesanteur… Je chute ! Le choc ! Je suis brutalement stoppé !… Non ! Ralenti… Je remonte, j’oscille… De l’eau, je viens d’amerrir !

L’obscurité revient, c’est que le module s’est refroidi. Et je respire enfin ! À tâtons, je cherche la poignée… Je la fais pivoter d’un quart de tour… Je sens une brève secousse, et l’explosion des rivets annonce ma libération imminente ! Le module se fissure, il s’ouvre comme une fleur… Il fait nuit. Une vague vient lécher le module. Un ciel nuageux réverbère l’éclat de flammes… L’incendie qui ravage ce qui reste d’A P 2… Balancé au gré de la forte houle, je me redresse pour observer les alentours…

Dans le lointain, cinq lumières clignotantes rouges signalent un navire. Le système de repérage m’indique 4 515 exis, une distance en augmentation. Le navire s’éloigne… Je n’arriverai pas à le rattraper. Dans la direction opposée, l’incendie fait rage à la surface de l’océan ! Mais je ne distingue aucun relief. Mon vaisseau mère a déjà coulé, englouti par les eaux de cet étrange océan.

Une terre est repérée ! À 6 780 exis. Une distance raisonnable. J’engage la flottabilité de la combinaison, me dégourdis les membres ankylosés, et plonge en direction de la terre…