Un grésillement me tire de ma torpeur. Une lueur éblouissante est en train de naître devant moi ! Je la devine, mais ne parviens pas à ouvrir les paupières. Ça bouge… Je perçois du mouvement, des couleurs, du bruit, des grognements, des pleurs, une voix… La voix de Kraya !!! Une main devant le visage, j’entrouvre les paupières… Mes yeux s’habituent difficilement à cette soudaine clarté, ils meurent d’envie de se fermer, mais je les force à rester ouverts. C’est une retransmission vidéo qui vient d’apparaître au beau milieu de ma cellule ! Je devine un sous-sol, une espèce de souterrain éclairé par une lumière froide. Cette silhouette aux longs cheveux blancs… C’est bien Kraya, ma Kraya ! Elle a le visage défait, les cheveux décoiffés. La bouche ouverte, en proie à une extrême angoisse, elle fixe quelque chose devant elle, quelque chose d’important, de vital. C’est de la terreur que je lis dans ses yeux rougis !
L’image se déplace… Je vois un mur de pierre, deux jeunes blottis l’un contre l’autre… en proie à de violentes émotions. Kari ?… Aprila ?… Mes enfants !?… Cinq ans, cinq longues années sans avoir de nouvelles, cinq interminables années sans les voir grandir, sans suivre leur évolution… Je tends la main comme pour les toucher, mais la vidéo se déplace pour afficher le visage agressif, malveillant, belliqueux d’un Vesphéri ! D’un regard sadique, il inspecte la lame recourbée d’un svakia… Et entrouvre une bouche démesurée pour rugir de fureur ! Les images dézooment vers un plan large : le Vesphéri s’approche des enfants… Menaçant, il lève son bras armé ! Il s’apprête à porter le coup fatal ! « Non ! Kari ! Aprila ! » Ma voix fait écho aux suppliques de Kraya. Le bras du monstre est soudainement stoppé, ce qui semble le surprendre. Il le relève, grogne, prend un nouvel élan, braille et rabaisse le bras d’un geste brusque à nouveau suspendu. Furieux, le Vesphéri laisse échapper sa colère, les enfants ferment les paupières, les images s’évanouissent…
« Non ! »
Mais que cherchent-ils ? À m’impressionner, m’intimider, me terroriser ? Me prouver que je suis à leur merci ? Ce n’est que pure cruauté…
