Chapitre 5-53

Sakari Taylor – Base d’Holloman

« Le circuit extérieur est brouillé. » Sunil fronce les sourcils. L’air songeur, il commence à se ronger l’ongle du pouce gauche en rétablissant les images d’origine.

«  ! » s’exclame Anaïs. Elle désigne un écran, splitté en quatre, qui retransmet les vidéos du hangar du Nergal. Un rai de lumière bleutée apparaît entre les portes. Le faisceau s’élargit, les portes s’écartent !… Dans l’entrebâillement s’engouffrent une, deux, puis trois silhouettes brillantes. Les trois personnes portent une combinaison intégrale métallisée aux reflets bronze. Ils tiennent à bout de bras une espèce de sceptre au pommeau chatoyant. Leurs visières sont lumineuses et bleutées.

Le premier rejoint le Nergal d’un mouvement de pas chassés si brusque, qu’il paraît haché… De son sceptre, il fait signe au deuxième qui le rejoint d’un même mouvement, tandis que le troisième fonce en zigzag vers le bureau vitré ! Là même où nous étions il y a quelques instants.

Marcus, ou Irina, a refermé le vaisseau et remonté l’escalier. Les deux énergumènes font le tour du Nergal… Je m’aperçois que leurs épaules arrivent au niveau du sas d’entrée !

« Vous avez vu leur taille !? chuchote James. Des Martiens ?… Des aliens ?… Ils seraient bipèdes ?… Humanoïdes ? »

Le troisième personnage s’approche de la caméra du bureau vitré. Il colle sa visière à quelques centimètres de l’appareil… recule… puis brandit son sceptre ! avant de faire demi-tour… Il sort du bureau vitré et reprend la direction de l’extérieur… rejoint par ses deux compères. Arrivés près des portes, ils se retournent et brandissent leurs sceptres, comme pour nous menacer… ou nous saluer… avant de s’en aller… en laissant les portes entrouvertes.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » Karl ouvre de grands yeux.

« Ils nous ont repérés, marmonne Irina. Je pense qu’ils vont revenir… avec des renforts. Il faut qu’on puisse les recevoir.

— On est… de taille ? grimace James.

— Ils nous ont repérés… et pistés ! malgré toutes nos précautions, remarque “Numéro 3″. Et on n’les a même pas vus arriver. Comment peut-on lutter contre l’inconnu ?… Nos moyens sont peut-être… dérisoires.

— Je ne pense pas qu’ils reviennent de sitôt » remarque Sunil qui affiche un air désolé. Comme pour s’excuser, il nous désigne les écrans des deux mains tendues. Le circuit extérieur est de nouveau opérationnel, les vidéos sont de retour. Mais les étrangers ont disparu, les images ne montrent qu’une base abandonnée et la pénombre d’un désert aride… Sur un écran, j’aperçois un speedglide. Il se dirige droit vers nous, nous avons de la visite…