Chapitre 30

Éria

Quel plaisir de se réveiller en pleine forme, de sentir chaque fibre de son corps reposée, avec cette sensation rare et précieuse : celle de n’avoir pas rêvé ! La nuit précédente, Sarah avait interrompu mon sommeil en plein songe, brisant l’étrange rêve obsédant qui continue, malgré tout, de me hanter. Ce n’est pas tant son contenu, dont les détails m’échappent, mais l’impression viscérale qu’il m’a laissée, comme une empreinte persistante. Il faut que j’en parle à Anna et Perthie.

Je me lève doucement, attentive à ne pas réveiller Mathias. Sa respiration régulière emplit l’espace, apaisante, presque envoûtante. Sur Alpha Cent, Matt était toujours le premier éveillé. Ici, tout est différent. Est-ce la planète qui l’a changé ? Ou peut-être moi ? Peut-être est-ce un mélange des deux.

Quoi qu’il en soit, Matt est méconnaissable. Il a retrouvé une énergie débordante, une lumière intérieure que je ne lui connaissais pas. Sa bonne humeur est contagieuse, son enthousiasme presque enfantin illumine nos journées. C’est un Mathias métamorphosé que j’apprends à découvrir : jovial, optimiste, fascinant, avec une chaleur humaine irrésistible. Sa nature extravertie s’exprime pleinement, et avec elle, un charme désarmant qui m’avait échappé jusque-là.

C’est un amant remarquable, attentif et passionné, loin de la retenue presque distante qu’il manifestait auparavant. Le Mathias sérieux, parfois froid, préférant l’action au dialogue, s’est évanoui. Peut-être pour toujours.

Et pourtant, dans cette transformation, une question persiste : qui est-il vraiment ? Cette version lumineuse de lui-même, ou l’homme plus sombre que j’ai connu ?

J’enfile un peignoir aux motifs bigarrés rouge-orangé et, d’un geste rapide, ramène mes cheveux en arrière. Je quitte silencieusement notre alcôve… La porte du module nuit s’ouvre sans bruit, et, poussée par une envie pressante, je passe aux toilettes. La lumière est déjà allumée. Perthie, penchée sur une vasque, est concentrée sur son maquillage. Elle reste immobile, le cou tendu vers le miroir, ses traits figés dans la concentration.

Yves, quant à lui, termine de se raser. D’un geste lent, il passe une main sur son menton, traquant la moindre imperfection.

« Bonjour, vous deux ! Alors, cette première nuit ? Bien installés ? » Je leur adresse un sourire, sincèrement curieuse.

Perthie se redresse légèrement, un pinceau suspendu dans les airs, et me répond avec une mimique joyeuse, simulant un baiser :

« Bonjour, Éria. Oui, très bien dormi. »

Yves se retourne et m’embrasse chaleureusement sur les deux joues. Mais son expression se transforme aussitôt en un froncement de sourcils.

« Éria, dit-il avec sérieux, il faut que je demande à Mathias d’augmenter l’isolation phonique des modules nuit. »

Je reste interdite un instant, essayant de comprendre. « Ah ? » lâché-je finalement.

Le sourire en coin de Perthie ne laisse rien au hasard : « Vous n’avez rien entendu, hier soir ? Ni cette nuit ? »

Mon esprit fait un bond en arrière, tentant de rassembler les pièces.

« Aaahh ! Si, si… hier soir ! Mais… c’était eux, ou… nous ? » dis-je en entrant dans les toilettes. Une fois assise, je soulage ma vessie et profite de l’occasion pour me lancer : « Bon, pendant que les gars amélioreront l’isolation, on pourra en profiter pour papoter entre filles.

 Ça marche ! » répond Perthie avant que je ne les laisse à leur routine matinale.

Je vais retrouver mon homme. Je me sens d’humeur à l’exciter, j’ai envie de chevaucher mon étalon.

*

En fin de matinée, je m’attarde sur les observations de Sarah. Les plateaux nord, ouest et sud s’étendent, vides et désolés, aussi déserts que le nôtre. Pas la moindre trace d’une civilisation passée ou présente. Une absence qui me laisse un goût étrange, entre soulagement et déception.

Sarah projette les images d’un ton neutre, presque clinique, mais une tension plane dans sa voix synthétique lorsqu’elle détaille les marais et lacs salés de l’est. Là-bas, elle confirme la présence de créatures reptiliennes, immenses et imposantes, certaines atteignant plus de six mètres de long. Je peux presque sentir la moiteur suffocante des lacs salés, l’odeur de putréfaction de ces lieux et le bruissement des formes invisibles sous la surface.

Puis vient la mention de la colonie de pseudolémuriens. Une curiosité vibrante monte en moi, mêlée d’un léger pincement au cœur. Je regrette de ne pas avoir croisé leur chemin. Ils évoquent en moi un souvenir enfoui, lumineux et fragile, celui d’un maki catta que j’appelais Kiki.

Kiki. Ce nom résonne comme un écho lointain dans ma mémoire. Il avait été mon compagnon d’enfance, dans les terres rouges et poussiéreuses d’Ambohidrapeto, en banlieue de Tana. Je revois son pelage soyeux, ses grands yeux curieux et cette queue annelée qui dansait derrière lui comme un étendard. Kiki partageait mes jeux avec une complicité presque humaine, de mes premiers pas jusqu’à mes cinq ans.

Un jour, il avait disparu. Je ne me souviens pas des détails, seulement du vide qu’il avait laissé derrière lui, un vide que même mes parents ne pouvaient combler.

En pensant à cette colonie visitée par Anna, Lewis et Mathias, une idée commence à s’imposer : pourquoi ne pas me joindre à la prochaine exploration dans ce secteur ? L’idée d’observer ces créatures de mes propres yeux, de ressentir leur présence, m’enthousiasme plus que je ne veuille l’admettre.

Après le déjeuner, les hommes s’attèlent au renforcement de l’isolation des modules. Profitant de l’occasion, j’invite Anna et Perthie à m’accompagner à l’extérieur de la base. Dès que nous franchissons le sas, la chaleur nous frappe de plein fouet, comme un mur invisible. L’air est lourd, étouffant, presque brûlant, et reste désespérément immobile. Une brume ocre flotte à l’horizon, floutant les contours du paysage.

Le ciel, autrefois d’un bleu azur éclatant, s’est assombri pour adopter une teinte de bleu acier. Vers le nord, un voile épais de cirrus s’étire, dissimulant la lumière. Au-dessus de nous, les cirrostratus s’étendent en nappes compactes, bientôt rejoints par des bancs d’altocumulus qui semblent s’amasser, menaçants, comme des signes avant-coureurs d’un changement imminent.

« Mmm mmh. Un changement d’temps s’prépare, observe Anna en fronçant les sourcils, l’air soucieux. T’as consulté les prévisions météo ?

 J’avoue qu’non. Mais c’est pas pour ça que j’vous ai emmenées ici.

 C’est-à-dire ? s’étonne Anna, intriguée.

 Pendant la nuit de jeudi à vendredi, lorsque Sarah nous a réveillés…

 Oui ? »

Je marque une pause, cherchant mes mots, mal à l’aise à l’idée de partager ce qui me hante depuis plusieurs jours.

« J’étais en plein rêve. Mais c’était pas un rêve ordinaire. C’était puissant, viscéral… presque comme le… le cauchemar. Tu t’rappelles, Perthie ?

 Plutôt, oui, répond-elle, hochant lentement la tête. Je vois c’que tu veux dire.

 Enfin bref. J’assistais au rêve, sans vraiment y être, comme une spectatrice piégée dans le rôle d’une actrice malgré elle. Mathias était près de moi, et…

 Oui ? Et quoi ? Ou qui ? intervient Anna, esquissant un sourire taquin. »

Je prends une grande inspiration.

« Nous étions dans une espèce d’arène, encerclés par une nuée d’oiseaux gigantesques, les mêmes qu’on a aperçus à notre arrivée. Ils étaient menaçants, agressifs. Et devant nous… »

Je m’arrête, le souvenir me paraissant encore plus étrange à voix haute.

« … devant Mathias et moi, se tenait un p’tit bout de chou haut comme trois pommes, en grande discussion avec les créatures ! Et juste avant que quelque chose d’important ne se produise, Sarah nous a réveillés.

 Et ? insiste Anna, l’air maintenant sérieux.

 Et voilà… Et ça m’obsède. Ce rêve refuse de me quitter. Ce gamin… j’ai un sentiment bizarre, viscéral. J’aimerais faire un test de grossesse pour en avoir le cœur net. »

À ma grande surprise, Anna et Perthie éclatent de rire, un rire franc et libérateur. Je cligne des yeux, confuse, presque vexée.

« Eh, les filles ! Je blague pas !

 Mais non, t’inquiète, répond Perthie en reprenant son souffle. On sait que t’es sérieuse. Mais tiens-toi bien… »

Elle m’observe, un sourire énigmatique aux lèvres, et prend une grande inspiration malgré la moiteur suffocante.

« Oui ? Quoi ? crié-je presque, impatiente.

 Eh bien, vois-tu… Anna et moi… » Elle fait une pause théâtrale, avant d’annoncer avec une lueur amusée dans les yeux : « Nous sommes enceintes. Toutes les deux. Oui, oui, toutes les deux ! »

Je reste muette, abasourdie par la révélation. Le choc de leurs mots résonne en moi comme une onde qui se propage.

« Viens au labo, finit par ajouter Anna avec douceur, un sourire complice aux lèvres. On va en avoir le cœur net. »

Nous rentrons, j’ai le cœur battant, et le verdict tombe : le test est positif ! Un mélange de vertige et de bonheur m’envahit. Anna, toujours pragmatique, propose aussitôt :

« On en parle à nos hommes ce soir, après le dîner. Qu’en pensez-vous ? »

Un hochement de tête collectif scelle notre décision. Je quitte le labo, encore sonnée par le résultat, mais avec un sourire qui refuse de quitter mes lèvres. Moi, enceinte ? Waouh !

Mon esprit s’emballe, traversé par un flot de pensées. Et cette certitude étrange, presque instinctive, s’impose : c’est un garçon. Je le sens, comme si ce rêve, cette vision étrange dans l’arène, m’avait déjà tout révélé.

Je consulte ensuite les données météo avec attention : une forte dépression se dirige droit sur nous. L’écran affiche des mouvements d’air accélérés, un tableau inquiétant. La pression atmosphérique chute tandis que le taux d’humidité grimpe à une vitesse alarmante. Sarah, imperturbable, annonce son diagnostic : un orage postfrontal supercellulaire est en formation et devrait éclater dès ce soir.

Cherchant à vérifier par moi-même, je sors observer le ciel. L’atmosphère est lourde, oppressante, et le paysage baigne dans une ambiance apocalyptique. Le ciel, désormais d’un gris sombre uniforme, semble se contracter au-dessus de nous. Les cumulus, qui n’étaient encore que des amas dispersés quelques heures plus tôt, se sont gonflés, leurs sommets s’élargissant pour former d’immenses enclumes menaçantes.

Le grondement sourd au loin, à peine audible, trahit l’approche imminente de la tempête. L’orage est proche, et tout dans cette scène semble hurler que la nature s’apprête à déchaîner sa colère.

Deux heures plus tard, tous les six réunis dans la salle de vie, Anna, attire notre attention en se lançant sur un ton solennel :

« Bon ! Les gars ! Un point sur la situation ! » Sa voix résonne, claire et déterminée. « Nous voilà donc six êtres humains débarqués dans ce nouveau système ! Six êtres humains qui, apparemment, se hâtent… oui, vraiment !… de former trois couples, comme si c’était écrit quelque part ! Et maintenant, nous sommes sur le point d’explorer une planète plus vaste que notre bonne vieille Terre. Tant de découvertes, tant de surprises nous attendent ! »

Elle marque une pause, et je capte son regard qui oscille entre Perthie et moi. Une hésitation transparaît dans ses yeux. Je devine qu’elle est sur le point de révéler notre secret. Son sourire en coin et l’étincelle de malice qui s’allume sur son visage me disent qu’elle a pris sa décision.

Anna reprend, avec une légère ironie dans la voix, mais un enthousiasme palpable : « Et à propos de surprises… disons qu’il y en a déjà quelques-unes en cours de route… Perthie, Éria, vous voulez partager la bonne nouvelle, ou je m’en charge ? »

Sa question reste en suspens, et je sens la curiosité piquer nos hommes, leurs regards rivés sur nous, cherchant à déchiffrer l’énigme.

Anna inspire profondément, son regard pétillant, mais teinté d’émotion : « Nous avons eu notre dose d’imprévus depuis notre réveil… Et dire que ça n’fait que deux semaines ! » Elle marque une pause, scrutant les visages autour d’elle. « Et c’est loin d’être terminé ! Nous avons, toutes les trois, quelque chose à vous annoncer. Je commence ? »

Perthie et moi lui adressons un signe encourageant.

« Je t’en prie, Anna. À toi l’honneur. »

Anna se redresse, son sourire se faisant plus tendre.

« Eh bien, notre cercle va s’agrandir. Lewis, je voulais te dire qu’en moi… grandit notre bébé. Tu seras bientôt… papa ! »

Un silence dense s’installe, tandis que tous les regards convergent vers Lewis. Immobile, il reste figé, comme pris au dépourvu. Ses yeux, fixes et sérieux, semblent sonder l’horizon d’une réalité nouvelle. Je le vois se transformer, sa réaction se déployant en plusieurs étapes. D’abord, une tension grave envahit son visage, comme s’il portait soudain le poids du monde. Ses épaules s’affaissent légèrement, et il semble rapetisser, vieillir, comme si des années d’inquiétude lui étaient imposées en un instant. Puis, peu à peu, l’onde de choc s’atténue. Ses traits se détendent, et un éclat de compréhension illumine ses yeux. Enfin, un sourire, large et sincère, naît sur son visage, effaçant tout le reste. Ses lèvres se courbent, ses yeux se plissent, et il éclate d’un rire joyeux, presque incrédule.

« Un bébé ? Vraiment ? » murmure-t-il, la voix vibrante d’une émotion qu’il ne cherche même pas à contenir.

Perthie se racle la gorge pour attirer l’attention, visiblement émue, mais résolue.

« Yves, je suis, moi aussi, enceinte. Tu vas, toi aussi, devenir papa ! »

Yves reste figé un instant, son teint blêmit, comme s’il peinait à assimiler la nouvelle. Un frisson traverse ses épaules.

« C’est… c’est… magnifique », finit-il par murmurer, la voix tremblante et les yeux embués de larmes. D’un pas hésitant, il rejoint Perthie pour la prendre dans ses bras, sa tendresse éclipsant toute hésitation.

À mon tour maintenant ! Mon cœur bat la chamade… La révélation me semble à la fois terrifiante et exaltante. Mathias, debout à quelques pas, m’observe avec un sourire à peine dissimulé, ses yeux scrutant les miens, comme s’il avait déjà tout deviné.

« Mathias, si je te dis… jamais deux sans trois ? »

Il éclate de rire, son regard pétillant d’une joie malicieuse.

« Jamais six sans neuf ! »

Je rougis, à la fois gênée et touchée par la douceur de sa réponse. Il tend les bras vers moi, et je m’y réfugie, submergée par une vague de bonheur. Je hoche doucement la tête, murmurant un « oui » à peine audible.

« C’est le plus bel évènement qui pouvait nous arriver ! » déclare-t-il, sa voix vibrante d’une émotion sincère.

Anna, fidèle à elle-même, ramène soudain tout le monde à la réalité avec une brusquerie bienveillante.

« Mathias ? Les paratonnerres ? Opérationnels ? »

Il acquiesce sans hésiter.

« Oui, Anna. L’orage se précise ? »

Sans répondre, elle attrape un écran souple posé sur une console et, d’un geste autoritaire, nous fait signe de la suivre.

« Venez voir… »

Au-delà des montagnes, le ciel, déchiré par d’intenses éclairs, semble s’enflammer. Les zébrures lumineuses tracent des sillages éphémères à travers l’encre des nuages. Anna, concentrée, déplie son écran et projette la carte météo.

« Regardez ça, dit-elle, en désignant un point clignotant au sud. Les impacts de foudre se rapprochent rapidement du plateau.

 Joli spectacle ! s’exclame Yves, visiblement fasciné, en tenant Perthie par la taille, son enthousiasme contrastant avec l’ambiance inquiétante.

 Peut-être, rétorque Lewis, les bras croisés, le ton sec. Mais on va s’le ramasser sur la tronche. Aucun risque d’inondation ? »

Mathias hausse les épaules et répond d’un ton pragmatique, esquissant une moue fataliste : « Ce sera un bon test. »

La soirée est un véritable concert de chaos. Le vacarme des pluies torrentielles martèle les bâches avec une intensité qui noie presque les éclats sourds des roulements de tonnerre. L’air est saturé d’une tension palpable, et chaque impact de foudre, frappant les paratonnerres avec une précision inquiétante, illumine l’intérieur du campement d’une lumière fantomatique.

Mathias, infatigable, se lève à plusieurs reprises, inspectant minutieusement l’étanchéité du campement, s’assurant que rien ne cède face à l’assaut de l’orage. Chacun reste silencieux, attentif aux moindres sons, comme si la nature elle-même menaçait d’envahir notre refuge.

*

Le calme est enfin revenu sur la base. Mathias, accroupi près de moi, affiche un sourire radieux, illuminé par la lumière matinale.

« Bonjour, ma beauté », murmure-t-il avant de m’embrasser tendrement. Ses yeux pétillent d’une excitation contenue. « Suis-moi, j’ai quelque chose à te montrer. »

Intriguée, j’attrape un peignoir et le suis. Nos pas résonnent doucement dans le silence apaisé de la base, où tout semble suspendu après le tumulte de la nuit. Nous avons toujours les pieds au sec, signe que le campement a tenu bon.

Mathias ouvre la porte extérieure avec une lenteur presque solennelle, et l’air frais et chargé d’humidité s’engouffre. Je m’arrête net, bouche bée.

Le spectacle qui s’offre à moi est irréel. Le paysage, d’habitude aride et monotone, a été métamorphosé en une scène féerique. Les pluies diluviennes de la nuit ont éveillé une vie insoupçonnée. D’innombrables plates-bandes fleuries, éclatantes de couleurs vives, s’étendent à perte de vue. Elles sont bordées de tapis de mousses d’un vert tendre presque lumineux et de lichens jaune criard qui tranchent avec la terre ocre.

Au milieu de cette explosion de vie, une eau rougeâtre, semblable à un réseau de veines palpitantes, serpente entre les massifs. Les reflets chatoyants de l’eau amplifient la splendeur du décor, comme si la planète elle-même célébrait un renouveau.

« C’est incroyable », soufflé-je, émerveillée. Mes mots se perdent dans le silence vibrant de cette aube nouvelle.

Mathias, debout à mes côtés, me glisse à l’oreille avec douceur : « C’est comme si la planète saluait une nouvelle ère… une ère où nous avons notre place. »