Chapitre 5-12

5.1.5 TERRE

Sakari Taylor – San Diego

Je suis en plein spectacle de la comédie musicale “Les Travaux d’Héraclès”. C’est la représentation de la onzième partie, ma préférée, “Le Jardin des Hespérides”. Un épisode qui cultive les thèmes récurrents des légendes et de la littérature. Les exploits de héros immortels, la recherche de la vie éternelle associée à l’allégorie du jardin. L’image de l’éden, le paradis perdu et retrouvé…

J’en suis au moment où Héraclès, incarné par le ténor espagnol Antonio Galeras, après avoir récupéré ses pommes d’or d’Eurysthée, les offre à Athéna, un rôle magistralement interprété par la jeune diva française, Amélie Thibault. Amélie, coiffée d’un casque à triple aigrette, est vêtue du péplos attique à long rabat serré par une ceinture dorée. Elle porte l’égide sur les épaules, une cuirasse ornée d’une peau de chèvre. Sa tunique, brodée d’or, n’est pas en lin ou en laine comme à l’origine, mais en mousseline vaporeuse, une matière qui laisse transparaître la féminité de la chanteuse.

Antonio, quant à lui, est difficilement reconnaissable. Il est grimé en parfait héros grec, avec la barbe drue, la chevelure courte et frisée. Il porte une peau de lion sur son impressionnante musculature. Impressionnante, mais fausse.

Bien plus qu’aux premières loges, je suis en immersion totale, entièrement cernée par les personnages, le décor, assez kitsch, et les instruments de musiques de l’orchestre. Je suis confortablement assise dans mon fauteuil pivotant, en plein cœur de la scène, au centre de mon salon, à savourer ce spectacle holographique…

J’ai toujours eu un faible pour la mythologie. Toute petite, je me passionnais déjà pour l’histoire, l’archéologie, l’ethnologie. Je passais le plus clair de mon temps le nez sur mon écran, à lire, à arpenter les musées virtuels, à me documenter sur la culture amérindienne, celle de mes ancêtres. Mes parents, décédés dans un accident l’année de mes 6 ans, étaient tous deux de la tribu Snoqualmie. Je suis née en 24, entre Fall City et Carnation, dans l’état de Washington. Et c’est tout naturellement que j’ai suivi des études d’archéologie à Seattle.

Je préparais un doctorat sur les origines des peuples Salish, lorsque, remontée dans un véritable jeu de piste jusqu’à Cold Bay, en Alaska, au pied des Pinacles Aghileen, je fis la découverte qui bouleversa ma vie… Je n’ai jamais pu présenter ma thèse… Un fait que j’ai mis du temps à digérer… C’est si frustrant d’être dépositaire du plus grand secret de l’Humanité… sans pouvoir le partager. Mais telle est la règle… Yang et moi n’avons jamais pu avoir de confidents, de véritables amis, hormis les initiés… membres, comme nous, de l’Organisation.

Yang est né à Xinzhou, dans la province du Shanxi, en Chine. Né en 22, il a 68 ans. Il a suivi, comme moi, des études d’archéologie. Il se passionnait pour le mythe de Shambala… Sa vie, comme la mienne, bascula après sa découverte dans le désert de Gobi. C’est ainsi que nos destins se sont croisés au sein de l’Organisation.

J’ai eu, nous avons eu, Yang et moi, une existence hors du commun. Une vie tout à fait exceptionnelle, que beaucoup d’humains envieraient… s’ils pouvaient… ne serait-ce qu’un instant, imaginer ce que nous avons vécu, ceux que nous avons côtoyés…

Mais ce savoir, cette connaissance, nous a imposé une destinée marquée par la résignation et le sacrifice. Moi qui rêvais de couler une retraite dans une maison pleine de vie, auprès de mes petits-enfants…

Rattraper ainsi le fait de ne pas avoir consacré suffisamment de temps à notre fils unique, notre Lewis, parti pour l’inconnu… Je crains bien que je n’aie jamais la chance de racheter ma faute… Mais je n’avais pas le choix, c’était le devoir avant tout…

Le dernier tableau du spectacle est commencé. Comme l’œuvre se réfère à la “Bibliothèque” de Pseudo-Apollodore, il s’agit de l’épisode de la capture de Cerbère. Je suis en pleine descente aux Enfers, sous les premiers accords angoissants de la symphonie de Dante, de Franz Liszt, lorsque la représentation stoppe net…

Me voici dans le noir… le silence… Les spots se rallument… Je m’apprête à me lever lorsqu’un tintement particulier, perçu à l’arrière du crâne, retentit !

« Oh non !… Je n’aurai jamais la paix ! »

Cette sensation n’est que trop caractéristique, je suis appelée… Je me lève, les mains sur les hanches, alors que Yang déboule dans la pièce.

« Tu l’as senti ? » L’air préoccupé, il reste figé dans l’entrée de la salle avec sa tenue de jardinage et son écharpe. Je m’étire, les reins en compote, et m’avance vers lui en grimaçant. Nous nous enlaçons.

« Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent encore ?

— On n’va pas tarder à l’savoir… Mais t’es tout froid ! T’étais dehors ?

— Oui…

— Qu’est-ce que tu faisais dehors… à cette heure-ci ?

— Je vérifiais les éclairages extérieurs, la déco qu’j’ai rajoutée pour Noël.

— Mais tu sais qu’on n’s’ra p’t-être pas là pour Noël ?

— On n’en sait rien… On va se changer ?

— On y va !

— Tu n’prends pas l’ascenseur ?

— J’préfère l’escalier.

— Comme tu veux. » Main dans la main, nous remontons le couloir jusqu’à l’atrium de notre grande villa. Une fontaine impressionnante trône au cœur de l’atrium. Le glouglou rassurant provient du filet d’eau qui ruisselle de la gueule barbue d’un dragon noir à l’air féroce. Le dragon est juché sur une énorme carapace de tortue, gravée de caractères chinois. La chimère est gardée par trois guerriers en bronze de l’époque Song. Des guerriers à l’allure farouche.

Nous avançons vers l’escalier, un grand escalier à double volée, et nous montons nous changer à l’étage…

Ça me fait toujours bizarre, même à mon âge, cette impression d’être observée par le portrait holographique de mes parents. Le portrait domine le palier. Mes parents, vêtus du costume traditionnel de la tribu, semblent nous suivre dans une étrange adhérence au regard. Ils sont si expressifs, si vivants, que nous avions dû remiser le tableau dans la galerie des ancêtres jusqu’aux 13 ans de Lewis.

Lewis qui n’osait pas utiliser l’escalier la nuit, pensant être observé par les spectres de ses grands-parents… Nous empruntons la volée de droite pour nous diriger vers l’aile nord de la demeure… Les rampes en fer forgé de l’escalier se prolongent en garde-corps. Un garde-corps qui fait le tour de la mezzanine qui surplombe l’atrium. Une verrière circulaire colorée dispense un éclairage zénithal qui habille les murs de tons pastel. Des tons aux nuances qui varient selon la luminosité et l’heure du jour.

Le décor de l’aile nord est on ne peut plus sobre. Sur les murs du couloir qui mène aux appartements, j’ai accroché quelques masques cérémoniels en cyprès de Nootka, et quatre reproductions de peintures murales du Shanxi.

J’aurais aimé transformer cette magnifique villa d’inspiration méditerranéenne si vide, si grande pour nous deux, si triste, en un lieu unique, en un véritable palais des mille et une nuits, animé et bruyant… Notre réserve contrainte m’a condamnée à me satisfaire de cette résidence froide, lugubre, sinistre. Nous nous devons de rester discrets, sobres, de passer inaperçus, de ne pas nous faire remarquer. Si nous pouvions disparaître, ce serait même parfait…

Rapporter des souvenirs de nos allées et venues, les exposer, est inconcevable. Cela aurait été perçu comme une infâme trahison, un sacrilège sans nom. Si cette bâtisse nous appartient officiellement, nous n’en sommes que les gardiens. Elle est en fait la propriété de l’Organisation. Nous réservons ainsi l’aile sud pour l’hébergement des membres de passage.

Par la première double porte coulissante de gauche, nous nous engageons dans notre suite… Notre chambre se trouve au bout du couloir. Elle donne sur la terrasse ouest qui surplombe le jardin et la réserve de Torrey Pines… Nous bénéficions d’une vue… imprenable sur l’océan Pacifique…

Dans le dressing qui jouxte la chambre, je choisis des vêtements chauds, un pantalon fuseau thermique beige, une veste en laine vert asperge à col haut zippé, et ma fidèle doudoune grise. Un anorak léger, compact, parfait pour une protection thermique optimale…

Je trouve qu’il fait particulièrement froid en cette fin d’année. Le vent d’ouest nous apporte l’humidité de l’océan et les 12 °C qu’affichent les thermomètres me déconcertent. Je deviens de plus en plus frileuse en vieillissant…

Yang a enfilé une chemise blanche en lin, un pantalon de velours côtelé noir et une veste assortie. Nous prenons chacun notre bagage, un strict nécessaire de toilette. Un bagage pour donner le change… Pour s’afficher comme des voyageurs ordinaires. Se balader les mains dans les poches paraîtrait suspect.

Nous ne savons jamais à l’avance ni où nous allons, ni pour combien de temps nous nous absentons. L’Organisation veille à nous fournir tout ce dont nous avons besoin. Bagages à la main, nous choisissons cette fois de prendre l’ascenseur. La cage est au bout du couloir. Yang demande le niveau moins un…

Le sous-sol est vaste, il s’étend sur trois niveaux, mais nous n’avons l’accès qu’au premier. Il contient déjà plusieurs pièces de rangements, un cellier, une cave exceptionnelle, une buanderie de rêve, un atelier et trois grands garages. Je m’assois dans l’espace penderie pour enfiler mes bottes, pendant que Yang passe une écharpe grise autour du cou.

Nous entrons dans le premier garage… qui s’éclaire… Nous avons différents modèles de véhicules à notre disposition, mais ce soir nous allons prendre notre simple Ferruti.

Le modèle, ovoïde, est idéal pour les petits trajets. C’est une espèce de bulle transparente, sans volant, gris métallisé, de série, passe-partout, qui ne dispose que de deux places. Un engin à trois roues, avec deux roues à l’arrière, et une roue à l’avant. Une roue plus petite, mais plus large.

Si nous avons… choisi… si l’on peut dire, de résider à Torrey Pines, dans la banlieue nord de San Diego, c’est pour sa proximité avec l’aéroport de Miramar, un lieu de transit de l’Organisation.

Le hayon arrière de la Ferruti se relève à notre approche. Nous déposons les deux bagages dans la malle arrière, et les portières coulissent. Je m’assois du côté droit… le siège à suspension pneumatique se règle automatiquement à ma convenance.

« Aéroport de Miramar ! » demande Yang. Le trajet proposé s’affiche en surimpression sur le pare-brise.

« O.K. Systèmes en veille ! » Les portières se referment. Le moteur démarre sans bruit et le véhicule électrique se désengage de la station de charge, une simple borne à induction. Le phare laser s’allume, tandis que les lumières du garage s’éteignent. La Ferruti avance, une porte sectionnelle se lève…

Les lumières de la ville, toute proche, embrasent de lueurs orangées un ciel couvert d’une nuit sans lune. L’allée s’éclaire et la voiture entame doucement la courbe qui mène à la sortie de la propriété… Le laser bleuté de la Ferruti balaie le parc et ses arbres plus que centenaires… Le portail, plein, anonyme, coulisse pour nous laisser le passage…

Nous ne croisons personne le long des deux premiers kilomètres, une voie privée réservée aux riverains. Le véhicule s’engage sur la bretelle d’accélération et s’insère en douceur dans la circulation fluide de l’autoroute Jacob Dekema, autoroute qui traverse l’agglomération de San Diego. Nous n’avons qu’une légère côte de quatre kilomètres à parcourir avant de sortir au premier échangeur… La Ferruti s’engage sur le pont qui enjambe l’autoroute, nous offrant une vue éphémère de La Jolla et de ses gratte-ciel illuminés…

Le plan du parking de l’aéroport s’affiche sur le pare-brise… Les emplacements libres clignotent. Yang sélectionne de l’index une place en retrait, et l’engin s’introduit sous le parking couvert… Un parking éclairé par des rampes lumineuses rose-orangé. Les Ferruti représentent l’écrasante majorité des modèles de voitures.

Il nous serait même quasiment impossible de retrouver notre moyen de transport parmi tous ces engins. C’est heureusement… notre Ferruti, qui nous rejoint lorsque nous le souhaitons.

La voiture se gare… les portières s’ouvrent. Nous prenons nos deux bagages et nous nous rendons, sans nous presser, vers le terminal principal des départs de l’aérogare. Les engins qui vont et viennent furtivement nous laissent le passage.

Notre mode opératoire est toujours le même, son scénario bien rodé… nous fondre dans la foule… Nous entrons dans l’un des quatre salons d’attente vitrés. Nous choisissons toujours celui qui nous paraît le plus bondé. Plus il y a de monde, et moins les gens nous remarquent. Nous traversons le salon pour nous diriger vers le couloir d’accès aux toilettes… La zone n’est pas couverte par les systèmes de surveillance automatique. Si quelqu’un nous épiait depuis notre arrivée, les systèmes se court-circuitent. Ce qui, pour l’instant, à ce que je sache, n’est jamais arrivé.

Après le premier coude se trouve l’entrée des toilettes femmes. Après le deuxième, l’accès aux toilettes hommes… Nous continuons le couloir… et le brouhaha de la foule s’estompe… La porte d’un sas s’ouvre à notre approche.

C’est l’un des quatre sas qui aboutissent dans une même salle. Quel que soit le salon d’attente choisi, nous arrivons par l’un de ces sas. Nous entrons dans le sas… et la porte se referme…

C’est toujours à ce moment précis que je prends conscience d’avoir franchi… la porte de l’autre monde. Le sas s’ouvre sur la salle… Une salle vide n’ayant que les quatre accès et deux cabines d’ascenseur. L’atmosphère est lourde, ouatée. Le seul bruit, la vibration du climatiseur, me rappelle tant de souvenirs…

Cette pièce n’est accessible qu’aux membres de l’Organisation. L’aéroport était autrefois une base militaire. Lorsque sa vocation a été détournée, le dernier sous-sol a été condamné. L’occasion pour l’Organisation de l’aménager en lieu de transit. Les cabines sont les seuls accès au dernier sous-sol.

Nous avançons vers la cabine de gauche, la porte coulisse pour nous laisser le passage… Elle se referme et la cage d’ascenseur descend… La porte s’ouvre sur trois couloirs que nous ne connaissons que trop bien. Les plafonniers du couloir de droite s’allument, les deux autres couloirs restent obscurs. L’endroit est désert.

« Sakari, Yang, bonsoir, lance une voix synthétique masculine. Une communication en salle 3. »

Nous avançons dans le couloir éclairé, jusqu’à l’accès qui porte le numéro trois en chiffres romains. Une petite salle obscure avec un bureau vide et trois sièges. Un écran holographique apparaît au centre de la pièce… avec le visage familier d’un membre de l’Organisation. Un mauvais pressentiment m’envahit aussitôt…

Il s’agit de Marcus Benton, un ami de notre Lewis. Marcus et lui ont le même âge, 39 ans. Ils ont suivi, ensemble, les mêmes formations. Leurs chemins se sont séparés lorsque Marcus est entré dans l’Organisation. Je ne souhaitais pas que Lewis soit initié, je voulais qu’il choisisse sa propre voie, qu’il fasse son propre parcours, qu’il mène sa propre vie… Et le voilà parti… peut-être pour toujours…

Marcus a la peau claire et les yeux verts. De ses origines africaines, il a conservé un nez épaté, des lèvres épaisses et des cheveux crépus. L’embarras se lit sur son visage.

« Marcus ? s’étonne Yang. Que nous vaut…

Bonsoir, Sakari, bonsoir Yang.

— Marcus ? Ton intervention a un rapport avec Lewis ? »

Il s’éclaircit la voix…

« Je tenais à vous informer des derniers évènements… Il s’agit bien d’Alpha Cent…

— Que s’passe-t-il ? s’inquiète Yang.

Il y a trois jours, le 19, à 21 h 39 SMT, le Q.G. de Syrtis Major a constaté un ralentissement énigmatique du vaisseau… alors qu’il filait à 296 975 km/s, sa vitesse de croisière… À 16 h 22 SMT, aujourd’hui même… alors qu’Alpha Cent ne fonçait plus qu’à… enfin si j’puis dire, 72 560 km/s… » Il soupire et grimace, il hésite à poursuivre.

« Alors quoi ? Que s’est-il passé ?

Vous n’allez pas me croire… » Il secoue négativement la tête. « J’ai du mal à le croire moi-même.

— Vas-y ! réplique sèchement Yang.

Sur leur trajectoire… est apparu… c’qu’on a pensé être… un trou noir.

— Hein ?

Oui, oui… J’ai bien dit un trou noir… Alpha Cent a aussitôt disparu… Mais attendez ! C’est pas fini !… Tout à l’heure, à 19 h 59 SMT, le trou noir s’est effondré sur lui-même… Il a disparu… Et Alpha Cent… est réapparu ! »

Yang et moi restons muets, il poursuit.

« Le vaisseau est réapparu… filant à 296 825 km/s !

— Mais ? C’est impossible ! Il n’a pas pu accélérer d’un coup ! s’écrie Yang.

Et ce n’est pas tout… Le vaisseau fait demi-tour !

— Demi-tour ?

Oui… Il rentre au bercail.

— Mais… ils n’ont pas pu supporter décélération et accélération !

C’est certain. Mais vous ne devez pas perdre espoir… » Son visage est défait. « Nous envisageons une hypothèse extrême…

— C’est-à-dire ?

Et s’il ne s’agissait pas d’un trou noir… mais d’un trou de ver… Et s’ils revenaient… leur mission terminée ?

— Ont-ils envoyé un message ? demande Yang.

Non.

— Attends ! On vient d’recevoir les images, c’est ça ?

Oui.

— Ça veut dire qu’ça s’est passé… il y a plus de deux ans ? C’est ça ?

Exactement… Aux alentours du 14… ou 15 septembre 88.

— Alors… si le vaisseau poursuit, depuis, sa route vers nous… à cette vitesse… il devrait bientôt arriver ? Non ?

D’ici un an… Entre le 15 et le 30 décembre de l’année prochaine.

— Ah ! lâche Yang.

Nous souhaitons être présents à l’arrivée du vaisseau. Nous allons monter une expédition pour atteindre Mars début octobre. Souhaitez-vous être des nôtres ?

— Quelle question ! » Je dévisage Yang qui écarquille les yeux et hoche la tête. « Bien évidemment !

Bien… Mais je pense que…

— Pour moi, il sera toujours en vie.

Soyez disponibles pour un embarquement… fin août ou début septembre.

— Ça va être dur d’attendre jusque-là ! » Yang soupire.

« Je vous comprends… Nous vous tenons informés… si nous avons des nouvelles… ou en cas de changement de programme.

— Merci, Marcus. »