Mathéo Carpigiani – Yulara Australie
L’épisode mouvementé sitôt terminé, l’interphone a sonné… Au bout du fil, le gérant de l’hôtel nous priait de ne pas sortir avant le lever du jour. Il proposait que l’on se retrouve à 8 heures, dans le hall principal du complexe hôtelier…
Nous voilà donc réunis, tous très inquiets après les incidents de la nuit. On le serait à moins… Laura est assise à ma gauche, les deux mains sur son petit ventre rebondi. Elle est enceinte de quatre mois… Juliette s’est rendormie dans mes bras. Nous suivons les nouvelles d’IRI…
Le gérant de l’hôtel était accompagné d’une personne de la société de tourisme qui gère le secteur, un homme d’affaires qui cachait bien mal sa contrariété… D’un officier de police municipale à l’uniforme bleu fumée et jaune flave… Et d’un officiel du village, un extraordinaire cow-boy aborigène en costume folklorique ! Avec le stetson sur la tête, les bords relevés, la chemise à carreaux rouges et blancs, un blue-jean de légende et des bottes de cuir. Tous venus… nous rassurer…
Il paraît que les poussières n’étaient pas “spécialement” toxiques… et qu’il n’y avait pas de radiations… Il paraît… Il semble donc que j’en serai quitte, comme tous ceux qui sont sortis cette nuit, pour un bon coup de soleil au visage, sur le buste, les avant-bras et les jambes… Des coups de soleil ! En pleine nuit !… Je suis plutôt sceptique.
L’extraordinaire phénomène fait la une du journal. Cinq cas identiques sont signalés sur la planète. Au cœur du lac Amédée, notre site. Dans le massif de l’Altaï, à l’extrémité occidentale de la Mongolie. Dans le parc André-Félix, au Sahel oriental. Au cœur du Salar d’Uyuni, sur les hauts plateaux du sud-ouest de la Bolivie. Et dans le lac Oahe, dans le Dakota du Sud…
Les scientifiques sont perplexes et leurs avis divergent… L’hypothèse que je retiens, même si elle semble farfelue, c’est l’origine extraterrestre. Comme le suggère d’ailleurs l’étrange avertissement que les médias viennent de recevoir du Q.G. de la planète Mars… Il y aurait des vaisseaux aliens en orbite terrestre… Ce qui expliquerait bien des mystères…
Un tas d’évènements extraordinaires se produisent depuis trois mois, depuis le black-out du 26 septembre. Comme les aurores qui se manifestent bien en deçà des latitudes limites théoriques… Nous en avons même aperçu au-dessus de notre villa de Propriano ! Les raisons invoquées, des activités solaires exceptionnelles, ne me satisfont pas. Pour moi, ces phénomènes demeurent inexpliqués…
Nous qui souhaitions apporter une touche d’originalité aux fêtes de Noël et du Nouvel An ! Pour être servis, nous sommes servis ! Tout avait pourtant bien commencé… et sur les chapeaux de roue !
Arrivés hier, en début d’après-midi, à l’aéroport d’Ayers Rock, en plein outback australien, nous avons aussitôt été pris en charge par Tony, un sympathique guide accompagnateur. Un autocar nous a conduits jusqu’à notre hôtel, à Yulara. Le temps de prendre possession de notre chambre, de déposer les bagages… et de nous rafraîchir un peu… nous avons repris l’autocar pour nous rapprocher du site d’Uluru… Nous avons fait le tour de l’impressionnant rocher de grès rouge… Un rocher planté en plein désert… Avant de nous en éloigner de deux à trois kilomètres, pour assister, au cours d’un dîner servi avec un crémant australien, au spectacle du coucher de soleil…
Pour ce matin, il était prévu que nous soyons présents sur le site avant le lever du soleil… Un petit déjeuner en extérieur nous aurait été servi, avant de partir à la découverte du site avec un guide aborigène spécialisé en géologie… et en mythologie !
Les évènements de la nuit ont eu raison du programme du jour…
À l’unanimité, nous avons décidé, malgré une désapprobation affichée des responsables locaux, d’attaquer la matinée par un survol du lac Amédée ! Le lieu du phénomène…
Arrivé devant l’aéroport, notre autocar est stoppé par des membres du personnel de l’ex-Confédération, le Consortium, reconnaissables à leurs uniformes gris-vert et à leur insigne inchangé. Trois vaisseaux, aisément repérables, sont stationnés sur le tarmac. Deux ailes volantes scintillantes du Consortium, et un troisième appareil aux formes inhabituelles, avec une aile delta gothique et un empennage en V. L’appareil porte le logo du nouveau Centre de Recherches d’Astyra. Un étrange monogramme reconnaissable entre mille. Du personnel en combinaison blanche et des robots s’agitent autour des appareils. Ils déchargent du matériel…
Un voisin nous fait remarquer les drones, de petits appareils brillants qui survolent et tournent en boucle au-dessus du site…
Nous sommes poliment informés qu’un périmètre de sécurité est établi autour du lac, et nous sommes courtoisement, mais fermement, contraints de faire demi-tour…
