1.1.2
Ir’ Dan – 1 093
Nous sommes sur Libarad, libarad, le continent, aux abords de Livun, livun, un autre village arboricole.
Halin, une Wa’ Dan d’un âge plus qu’avancé, sommeille dans un fauteuil imposant, recouvert de tissus usés, au fond d’une pièce ténébreuse.
Elle se réveille en sursaut, une toux rauque déchirant sa gorge, avant de prendre une inspiration laborieuse. D’une voix brisée, érodée par les années, elle appelle : « Duxel ! Duxel ! »
Une porte noire, matelassée, s’ouvre lentement, laissant apparaître une autre Wa’ Dan, tout aussi âgée, aux épaules profondément voûtées, au corps frêle, ses longs cheveux blancs clairsemés tombant en mèches éparses autour du visage.
La lumière du jour éclaire une incroyable accumulation d’objets hétéroclites. Des piles de malles anciennes, des coffres usés, des étagères surchargées de bibelots, de statuettes, de boîtes débordant de bijoux et d’objets étranges… Un fouillis d’accumulations, comme une remise envahie par les vestiges du temps et du passé.
« Halin ? Qu’est-ce qui se passe ? » demande Duxel, ses petits yeux de taupe, cerclés de lunettes d’aviateur, scrutant la vieille Wa’ Dan.
« Ils arrivent ! Je les ai vus ! Ils arrivent !
— Mais qui ? Qui arrive ?
— Des étrangers !
— Bah ! Il n’y a que des étrangers ici !
— Ah non, non, non ! Ces étrangers-là viennent de bien plus loin ! De très, très, très loin ! Et ils sont différents !
— Bah ! Si tu le dis… »
