Tchéa
Vingt-deuxième jour de convalescence. Pouvoir désormais converser presque naturellement avec les Humains grâce au traducteur conçu par Éria me semble toujours aussi incroyable. Chaque jour est une source d’émerveillement. Tout ce que j’ai pu apprendre en si peu de temps dépasse l’entendement. Leur monde, leur technologie, leur musique… tout me fascine.
Je m’efforce de répondre à leurs nombreuses questions, bien que certaines restent hors de ma portée. J’essaie néanmoins de leur transmettre ce que je peux sur ma culture, sur notre Histoire et nos coutumes. Il est évident que quelques sujets les obsèdent plus particulièrement : notre télépathie, notre niveau technologique, et ces fameuses “traces noires”. Là, je dois admettre mon ignorance. Ces “traces noires” sont pour moi un mystère… tout autant que pour eux.
Pourtant, j’ai une certitude : je dois les emmener à Zilin. Dès que mes jambes me porteront à nouveau, je veux qu’ils m’accompagnent jusqu’au village. J’ignore comment mes compatriotes les accueilleront, mais j’ai foi en notre tradition d’hospitalité et en notre ouverture d’esprit.
Grand-père Vodan saura leur offrir des réponses bien plus précises, surtout en ce qui concerne les Anciens et la télépathie. Ce don singulier, ce fil invisible qui relie tous les êtres vivants d’Ir’ Dan, reste pour moi un mystère aussi envoûtant que redoutable. Leur curiosité me rappelle combien nous avons encore à partager et à découvrir les uns des autres.
S’il y a bien une chose que je leur envie, c’est leur liberté de mouvement. Leurs moyens de transport, si modernes et pourtant étrangement familiers, rappellent ceux des Anciens. Une technologie avancée que nous connaissons, mais qui nous est formellement interdite. Pourquoi ? Les raisons invoquées sont floues, presque absurdes, comme si l’on cherchait à nous priver de notre élan naturel vers l’exploration et l’innovation.
Et la télépathie… ce don précieux, inné chez nous, mais entravé par des lois strictes et rigides. Eux ne la possèdent pas, mais ils la compensent brillamment par leurs inventions technologiques. Des dispositifs ingénieux qui comblent leur silence mental, mais qui, paradoxalement, me rappellent ce que nous avons perdu ou choisi d’ignorer.
Comme disait Korda : « Le dormeur, s’il veut vivre, doit se réveiller ! » Et moi, je veux vivre ! Je veux avancer, briser les chaînes invisibles qui nous retiennent. Je veux découvrir d’autres horizons, des terres inconnues, et peut-être même des vérités enfouies que l’on nous cache. Je sens cet appel vibrant en moi, et plus je les observe, eux, ces Humains, plus je comprends que l’immobilisme n’est plus une option.
