Tchéa
Demain, c’est le grand jour ! Je vais retrouver les miens, la verdure, les arbres qui murmurent dans le vent et la pluie qui danse sur la terre ! Je n’en peux plus de ce désert étouffant. Cette lumière trop crue m’aveugle, ces teintes uniformes m’ennuient, cette chaleur sèche m’oppresse, et ces nuits glaciales me transpercent jusqu’aux os. J’ai besoin de retrouver un monde qui respire, qui vibre, qui chante. Et je sais que je ne suis pas la seule à être électrisée par l’aventure qui nous attend.
Tous, je le sens, partagent mon impatience. “Doc Perthie”, avec son air bienveillant, mais un brin autoritaire. “Tonton Yves”, curieux et réfléchi, toujours prêt à tout cartographier, même mes émotions. “Tant’ Anna”, avec sa chaleur réconfortante, comme un feu de camp dans une nuit sombre. Le pince-sans-rire “Tonton Léou”, dont la réserve cache une douceur insoupçonnée. Et bien sûr, le sérieux “Tonton Matt”, toujours concentré, comme s’il portait le poids de l’univers sur ses épaules.
Et puis, il y a Éria, que j’appelle “la Wa’ Dan aux pieds estropiés”. J’aime bien comment ça sonne dans leur langue, un peu comme une ballade étrange. Elle, de son côté, m’a surnommée “La Postapocalyptique”. Drôle de nom, mais il me fait sourire. Peut-être parce qu’il contient un peu de vérité, un éclat de ce que je suis devenue dans leur monde.
