« Monsieur Ovlag ! » Naranti, ma pilote, une terrienne à la voix un tantinet éraillée, me tire d’un demi-sommeil. « Je reçois des signaux radio cryptés. Une demande de communication hors système.
— Passez-la-moi… » J’ai la bouche pâteuse.
« Le brouillage est en cours… Je vous la passe.
— Merci, Naranti… Ici, Bortsch Ovlag !
— Bortsch ! C’est moi… Akid ! Urgence absolue ! Écoute et ne m’coupe pas ! Ne rentrez pas à Gigas Sulci ! Mettez-vous en mode furtif, et faites demi-tour ! N’utilisez pas l’système ! Rendez-vous au point K125 34 7.
— Akid ? C’est toi ? » Je pose la question, même si j’ai reconnu sa voix. « Oh, oh ! Il s’est passé quelque chose.
— La communication a été coupée, Monsieur Ovlag.
— Naranti ! Passez immédiatement en mode furtif ! Et faites demi-tour ! » Je déboucle mon harnais, me redresse du fauteuil, me lève… et me rattrape de justesse au dossier alors que le jet monte en piqué ! Naranti amorce le demi-tour, elle stoppe les réacteurs, et pivote à 180°…
« Monsieur Ovlag ? demande Naranti, au moment même où je déclenche l’ouverture du sas du cockpit.
— Oui, Naranti ? » Je suis courbé derrière elle. Des lueurs rouille naissantes teintent un paysage monochrome. Le jour se lève. Nous survolons l’océan… Une masse sombre, titanesque, nous bouche le paysage sur tribord, les contreforts infranchissables de Sa Majesté, le mont Olympus ! Quelques minutes de plus… et nous arrivions à Gigas Sulci…
« Où allons-nous, Monsieur Ovlag ? » Elle ne quitte pas le cockpit des yeux.
« Nous devons nous rendre au point K125 34 7.
— Pardon ? »
Elle tourne la tête et me fixe de ses yeux clairs au regard interrogateur, les sourcils froncés par le doute.
« K125 34 7… Ça vous dit quelque chose ? »
Elle secoue négativement la tête.
« Ce n’sont pas des coordonnées !
— K125 ?
— C’est le manuel de bord. Manuel qui liste les procédures d’urgence.
— Ah ! Où est-il ?
— Attendez… » Elle manipule un clavier virtuel. Un fichier apparaît sur un écran de contrôle.
« Le voilà.
— 34 ?
— Page 34… Une liste de zones d’amarsissage.
— Et la septième ligne, là ?
— Mangala… 18° 59′ 19″ de latitude Sud et 147° 52′ 56″ de longitude Ouest.
— On est loin ? » Elle effleure la ligne de l’index gauche.
« 1 978 kilomètres.
— Bon ! On y va ! Et sans l’système !
— Bien ! » Elle empoigne le yoke des deux mains. Les informations de vol s’incrustent sur la vitre…
« Sans l’système ?
— Tout à fait, Monsieur Ovlag. Je suis en manuel, et en vol furtif ! » Elle m’adresse un regard entendu. « Vous pouvez retourner vous asseoir.
— Je reste près de vous. » Je lis de l’étonnement dans son regard. « En cas d’imprévu. »
Des liserés d’écume apparaissent, les récifs de Gordii Dorsum. Nous les dépassons pour survoler l’archipel d’Amazonis Sulci… Je connais le site pour avoir plongé dans ces eaux translucides. L’océan s’abandonne ensuite dans un cordon de cratères inondés, puis la dorsale de Mangala se dessine… Une zone déserte sur laquelle je n’ai jamais mis les pieds.
Naranti ne connaît pas plus le secteur. Elle suit les indications fournies par les relevés cartographiques. Nous longeons la face ouest de la dorsale… Nous dépassons un bassin d’impact, une faille transversale envahie par les eaux, un lac de cratère circulaire… Puis nous obliquons sur bâbord pour découvrir notre destination : une vallée désertique entourée de montagnes.
Les coordonnées correspondent à un vallon, au fond duquel un cirque a été découpé d’une trentaine de terrasses. Naranti entreprend un survol de reconnaissance à vitesse réduite…
Je reconnais les convoyeurs à bande rectilignes d’une mine à ciel ouvert. Le site est désert, les bâtiments industriels semblent désaffectés. Sur la gauche, à flanc de montagne, trois grands reliefs métalliques sont incrustés dans la paroi rocheuse… D’imposantes doubles portes métalliques sont en train de s’ouvrir !
Naranti me demande mon accord avant d’amarsir. Je l’autorise d’un hochement de tête. Elle s’apprête à se poser… lorsque deux lampes rouges s’allument dans le hangar de droite ! Les signaux lumineux s’animent ! Quelqu’un, dans l’obscurité, nous fait signe d’approcher ! L’accès est suffisamment large pour nous permettre le passage. Je décide d’acquiescer à l’étrange requête et demande à Naranti d’avancer vers les lumières… Elle se positionne face au hangar, et allume les projecteurs… éclairant un comité d’accueil des plus mystérieux ! Je compte sept personnes cachées derrière de larges pèlerines noires à capuche. D’après leurs tailles, trois martiens et quatre terriens.
Deux terriens attendent près de l’imposante porte blindée de gauche. Debout à proximité de celle de droite, j’aperçois un martien et un terrien. Au centre du hangar, le trio restant se compose d’un martien qui nous fait signe, des bâtons lumineux à bout de bras, d’un terrien, et d’un deuxième martien qui retire sa capuche… Akid ! Il nous fait signe d’avancer. Ce que fait Naranti, après mon accord.
Nous nous posons au cœur de ce vaste hangar qui protège l’entrée d’une large galerie. Je n’attends pas l’arrêt des moteurs pour déclencher l’ouverture du sas. Je saute à terre et vais rejoindre Akid, alors que des bruits métalliques attirent mon regard vers l’extérieur. Les quatre personnages referment les portes…
« Akid ! Qu’est-ce qui s’passe ? »
Alors qu’il s’apprête à répondre, les grincements métalliques, suivis de claquements, puis d’un bourdonnement électrique, le font renoncer.
« Portes blindées refermées ! lance une voix masculine puissante. Écran magnétique en fonction !
— Bon sang, mais qu’est-ce qui s’passe ? Tu peux m’expliquer c’qu’on fout ici ?
— Solution d’urgence ! réplique Akid qui écarquille les yeux.
— Quelle urgence ? » Il lève la main droite pour me faire patienter, et jette un regard au petit personnage à sa gauche, une femme terrienne d’une trentaine d’années qui se découvre. La blonde, aux cheveux au carré et au regard bleu et froid, acquiesce de la tête, l’air décidé. Elle part aussitôt vers mon jet…
« Svetlana va désactiver le repérage de ton jet.
— Tu peux m’dire c’qui s’passe ? »
Il souffle énergiquement avant de répondre.
« Bortsch… attends… calme-toi.
— Mais je… suis calme !
— Ce lieu a été choisi en urgence. Nous venons tout juste d’arriver. Nous sommes à l’entrée d’une ancienne mine de nickel. Une mine exploitée il y a deux siècles.
— Et ?
— Et c’est moi qui ai choisi le site ! » s’exclame une voix autoritaire féminine. Je tourne la tête pour découvrir une martienne d’une quarantaine d’années. D’une main osseuse à la peau d’albâtre, elle replace une mèche rebelle de longs cheveux bouclés châtain roux derrière l’oreille. Des yeux verts de jade au regard volontaire et déterminé illuminent un visage constellé de taches de rousseur.
« Bortsch, je te présente Phoria, m’annonce Akid. Une précieuse collaboratrice en charge de logistique. Phoria est mon intendante, ma régisseuse.
— Enchanté ! » Je lui tends la main droite.
« Moi de même ! » Elle serre ma main d’une poigne ferme et vigoureuse. « J’ai choisi le site… parce qu’il ne s’agit pas d’une simple mine à ciel ouvert. Je connais les lieux… depuis qu’je suis gamine. J’venais en speed explorer le coin. À l’époque, je voulais faire de la prospection géologique… En plus des terrasses en gradins, des puits ont été creusés dans la roche… Et pas n’importe quels puits ! La mine a servi de laboratoire souterrain au siècle dernier. Astrophysique, biologie… Il s’agit même du laboratoire le plus profond de Mars ! Un laboratoire totalement isolé de la surface, coupé du monde… et apparemment oublié… au moins jusqu’à maintenant. Je pense qu’ici… nous n’serons pas détectés.
— Mais pourquoi tant d’précautions ? Qu’est-ce qui s’passe ? Les aliens ont débarqué ? Et comment êtes-vous arrivés ici ?
— Avec un jet, répond calmement Akid.
— Et où est-il ?
— Dans le hangar d’à côté. Bortsch, je te présente Iosni, chargé… de la sécurité… » Il sourit à l’attention du martien qui tient les bâtons lumineux. « … pour faire court. »
Il libère sa main droite en prenant les deux dispositifs de son autre main, et retire sa capuche. D’origine africaine, Iosni est aussi baraqué que moi. Ses cheveux sont entièrement rasés et il ne porte qu’un fin collier de barbe. Il me tend une main que je saisis d’une poigne ferme… et me salue d’un léger hochement de tête, ses yeux sombres fixés droit dans les miens.
« Akid… » Je suis pris d’un doute presque inconvenant. « Je veux voir ton vaisseau.
— Comment ? » Il est surpris.
« Tout ça est si… bizarre. Je veux être certain que les apparences ne sont pas trompeuses… Je voudrais être sûr… que vous êtes ce que vous dites.
— O.K. Si tu le souhaites…
— On n’est jamais trop prudent.
— C’est à moi qu’tu dis ça ? »
Naranti sort de mon jet, suivie par Svetlana, tandis qu’Akid me présente les trois derniers terriens qui l’accompagnent. Charles, d’origine africaine, est ingénieur en télécommunications. Tout comme Iosni, ses cheveux sont rasés, mais il est imberbe et plus frêle. Cluse, une brune au visage anguleux, aux yeux marron, et Adel, un blond aux cheveux mi-longs et aux yeux verts, tous deux informaticiens. Adel, les yeux bouffis, a l’air d’avoir été sorti de son lit en urgence. Ce qu’il me confirme avec humour en me voyant le dévisager.
Akid et Adel m’accompagnent vers les portes. Adel grimace et soupire de regret avant de couper la protection magnétique à l’aide d’une tablette. Il déclenche l’ouverture d’une porte…
Adel jette un regard vers un ciel rose qui s’éclaircit, avant de provoquer l’ouverture de la porte du hangar adjacent que j’entends grincer… Il sort en rasant le blindage, et nous fait signe de le suivre d’une main discrète. Nous lui emboîtons le pas…
Par l’entrebâillement, je découvre un biréacteur N2M, une petite aile volante.
« C’est bon ! » J’acquiesce d’un signe de tête.
« Qu’est-ce que tu croyais ? » me demande Akid. Je me contente de hausser les épaules.
« Il nous prenait pour des aliens, répond Adel.
— Et pourquoi pas ? »
De retour dans notre hangar, à la demande d’Akid, Iosni raconte son aventure…
« Je suis du genre matinal, et ce matin… je me suis même levé plus tôt que d’habitude. Je voulais contrôler la situation au mont Apollinaris… Enfin bref, à bord de mon appareil, je remontais le canyon vers le nord… Le ciel était plutôt dégagé, la voûte céleste luisait… Il n’y avait aucun appareil en vue… et je n’avais rien sur les écrans… Alors que je prenais un peu d’altitude, le radar anticollision s’est mis en alerte… Et le panorama s’est transformé d’un coup ! Le ciel nocturne a laissé la place à une gigantesque masse sombre ! Un immense vaisseau spatial ceinturé par un système d’anneaux. Je me dirigeais droit dessus !… J’ai juste eu le temps d’apercevoir l’illumination d’un cercle bleuté sous le ventre du vaisseau…
— Et ?
— Et sauve qui peut ! Repli stratégique ! J’ai aussitôt coupé l’automatique et j’ai fait demi-tour ! J’ai filé sans demander mon reste ! L’enregistreur de bord a filmé la scène… j’ai les images.
— On peut les voir ?
— Tout à l’heure, intervient Akid. Dès qu’nous aurons déniché un coin tranquille pour établir not’ campement. Toujours est-il qu’Iosni a débarqué chez moi… un peu paniqué, non ?
— Plutôt ! Y avait d’quoi !
— J’ai aussitôt appelé le siège… et j’ai eu Lorenzo… Accroche-toi…
— Quoi ?
— Carol, Willim, Zéa et Élya venaient d’être enlevés ! J’ai aussitôt pensé que si un vaisseau arrivait à Ma’adim… c’était pour ma pomme… » Je grimace, l’air sceptique. « Les têtes, Bortsch ! Ils visent les têtes ! J’ai donc débauché en urgence mes plus proches collaborateurs… Phoria s’est souvenue d’ce site, j’t’ai prévenu… et nous voilà.
— Mince ! Et comment ont-ils été enlevés ? T’as eu des détails ?
— Ça a commencé par un battement sourd… qui s’est transformé en musique.
— Hein ? En musique ? Y zont été enlevés en musique ?
— C’est c’que Lorenzo m’a dit… Et j’veux bien l’croire… Le battement sourd… on l’a entendu ! Au moment même où nous embarquions sur le vaisseau… Il a cessé lorsque nous sommes passés en mode furtif… Je pense qu’ils n’avaient pas prévu ça.
— Ils ont dû être pris de court, ajoute Iosni. Mais ce qui a fonctionné une fois ne fonctionne pas forcément une deuxième fois. Nous devons redoubler de prudence… On n’est jamais trop prudent ! » Il reprend mes propres mots avec un regard de défiance.
« Mais qu’est-ce qui vous fait croire qu’ils représentent une menace ?
— Le flair, réagit Akid. Les prochaines heures seront décisives. Nous verrons si j’ai eu raison… ou tort… Remarque… j’aimerais autant avoir tort.
— Akid ! C’est bon ! J’ai les plans ! lance Adel avant de siffler de surprise. Waouh !… Phoria !… Où est-ce que tu nous as embarqués ! Cette montagne, c’est un vrai gruyère ! J’ai un premier niveau… à moins 700 ! Le deuxième… à moins 1 400 ! Et l’dernier… moins 2 100 ! » Il écarquille les yeux. « Un seul accès pour le dernier niveau ! Une fois en bas… on est faits comme des rats !… Gruyère… rats… » Il nous regarde avec un air interrogateur. « Bon… laissez tomber. » Il est déçu que nous ne relevions pas son trait d’humour.
« J’ai la main ! annonce Cluse qui lève une tablette d’un geste victorieux. Je rétablis une partie de l’alimentation principale. »
Une impressionnante suite de tubes lumineux s’éclaire… et illumine une vaste galerie rectangulaire horizontale sans fond…
« Je rétablis l’air conditionné ! » ajoute Cluse, l’index prêt à l’action. Elle effleure sa tablette… et un grondement sourd se déclenche… Un bourdonnement semblant provenir des entrailles de la planète…
La galerie fait une bonne dizaine de mètres en largeur pour plus de quatre en hauteur. Des rails de deux voies parallèles s’enfoncent dans la montagne… Le sol et le plafond ont été bétonnés, tandis que les parois, taillées dans une roche bronze, sont brutes.
À la première bifurcation, à quelque trois cents mètres de l’entrée, guidés par Adel, nous empruntons la voie de droite… Un nouveau tunnel, aux dimensions identiques, nous amène, quelque trois cents mètres plus loin, dans une vaste salle dont le cœur est occupé par deux solides monte-charge. À l’entrée de la salle, un aiguillage partage la voie et conduit deux rails vers chaque monte-charge.
Cluse déclenche à distance l’ouverture d’un monte-charge…
Adel et Cluse semblent bien s’entendre ; ils travaillent de concert, ils forment un binôme original et efficace. Lorsque la cabine arrive et que les portes grillagées s’ouvrent, un air de moisi, et de rouille, vient empester l’air ambiant… mais c’est de radiations que s’inquiète Iosni… rassuré par Cluse.
Nous entrons dans cette surprenante cage… Une enceinte suffisamment grande pour contenir un wagon ! au vu des rails incrustés dans le plancher métallique.
« Et c’est parti ! » lance Cluse.
Les portes grillagées se referment, et notre cellule amorce la descente… dans un sinistre fracas métallique qui résonne en écho dans le puits… L’éclairage de la salle disparaît… et c’est à ce moment que je prends véritablement conscience de notre situation…
La descente est lente… interminable… Une descente sous la lueur blafarde d’une seule rampe circulaire… Sept cents mètres de dénivelé à franchir ! Et ce n’est que la première étape !
Nous arrivons au premier niveau… Ce sont les portes d’en face qui s’ouvrent. Nous aboutissons dans une vaste salle identique à celle de l’étage supérieur. Véhiculée par un fort courant d’air, l’odeur de moisi est encore plus prégnante. Je m’attendais à une élévation de la température et du taux d’humidité, mais je ne constate aucune différence notable avec le rez-de-chaussée. Deux galeries partent dans des directions opposées.
Adel, l’air sûr de lui, nous indique le tunnel de gauche. Je commence à suivre un rail en arc de cercle, lorsqu’Iosni intervient :
« Le courant d’air ?… Des groupes de ventil ? »
Cluse acquiesce d’un hochement de tête.
« Et c’est le ronronnement qu’on entend ? »
Nouveau hochement de tête de Cluse.
« Et les groupes ? Ils sont où ?
— Au fond, répond Adel.
— Et les sorties d’air ?
— Au sommet.
— Combien de sorties d’air ?… Une ? Deux ?
— Trois sorties principales et six auxiliaires, précise Adel.
— O.K., reprend Iosni, une grimace de désapprobation au visage. Cluse ! Coupe-moi ça !
— Couper quoi ? s’étonne Cluse.
— La ventil !
— Mais ! on va crever d’chaud ! intervient Adel.
— C’est pas la peine de venir s’enterrer ici ! si c’est pour se retrouver avec une belle signature thermique au-dessus d’nos têtes ! grimace Iosni.
— Vous pourriez effacer les signatures du système ? » s’enquiert Akid. Adel et Cluse s’observent mutuellement, avant de regarder Charles.
« C’est pas impossible, réfléchit Charles, mais tout appareil autonome de repérage infrarouge les verra. »
Le ronronnement cesse, le courant d’air s’apaise.
« Ventil coupée, confirme Cluse.
— Qu’est-ce qu’y a à c’niveau ?
— Deux autres salles identiques à celle-ci, répond Adel. Celle qui mène au niveau -2, par là ! » Il pointe un index, et fait volte-face, le buste raide. « Et l’autre !
— Eh bien prenons l’autre ! » décide Akid.
La salle attendue est à un bon demi-kilomètre. Un grand wagonnet noir trône au cœur de la pièce, stationné au bout de la voie. Iosni l’escalade par l’avant, et nous informe qu’il est vide.
Trois galeries annexes, plus petites, débouchent dans cette salle. Je demande où elles mènent… Adel, perplexe, me répond qu’il s’agit d’un véritable labyrinthe. Ce qui ravit Iosni : « Pas mal… Pour nous enfuir en cas d’attaque.
— À condition de n’pas s’perdre ! remarque Charles.
— Ici, ce s’ra parfait, décide Akid.
— Vous avez de l’eau ? Des provisions ?
— À neuf, nous avons de quoi tenir six jours, répond Phoria.
— Le temps de réfléchir à la situation, ajoute Akid. Qu’on sache au moins à qui on a affaire.
— Mais ? Est-ce qu’on pourra communiquer avec l’extérieur sans être repérés ?
— Alors ! Qu’on n’puisse pas tracer not’ signal, intervient Charles, ça c’est mon job ! » Il fait une moue dubitative. « S’ils nous repèrent en remontant l’signal… alors là… chapeau ! »
