Une explosion a fait vaciller l’immeuble ! Il a dansé, comme sous le coup d’un violent tremblement de terre ! Gregor et moi, nous sommes montés sur le toit du bâtiment, un toit-terrasse aménagé en jardin, pour surveiller les environs.
Sous des bruits de bombardements, des flashes bleutés illuminaient l’horizon nord-est. À l’opposé, à droite de la tour Kepler, des lueurs rougeoyantes, et une colonne de fumée noire, s’élevaient au-dessus du parc Sabae. L’un des immeubles, la résidence Margov d’après Gregor, était la proie des flammes !
Provenant d’une rue en contrebas, des tirs sont venus faire écho aux bombardements. Je me suis avancé prudemment près du garde-corps… et j’ai découvert… un spectacle hallucinant !
Un bataillon d’une quarantaine d’Emnos était attaqué par une ombre ! Une seule ! qui allait et venait ! Elle les enveloppait l’un après l’autre, systématiquement, occasionnant une véritable pagaille. Les uns tombaient, les autres fuyaient ! Deux Emnos étaient au chevet de l’un des leurs. Ils ont retiré son casque… et Gregor s’est exclamé à voix basse ! Il s’agissait d’Élégi ! Gregor a aussitôt enclenché une transmission : « Ici Gregor Mac Callen ! Élégi est à terre ! Je répète, Élégi est à terre !
— Les noms de code, bordel ! Les noms de code !
— Elle a été terrassée par… je n’sais quoi… une ombre ! D’autres Emnos, euh, Échos, à terre. Les autres s’enfuient… L’ombre se déplace ! Elle… » J’ai coupé la transmission. Gregor s’est tu, l’air surpris. L’index tendu près des lèvres, je lui ai fait signe de garder le silence.
« C’était quoi ? m’a-t-il demandé à voix basse. Ève ?
— On redescend. »
