Chapitre 6-75

Lewis – Addis-Abeba

Je prends le premier couloir sur la gauche. Le hall d’entrée est en face. Mais où se cachent-ils donc ? J’avance d’un pas décidé et sursaute ! Jade saute à mon cou en criant : « Coucou Papa ! » Elle m’embrasse, je la serre dans mes bras…

« Ma chérie ! »

Adam et Éoïah, toujours main dans la main, l’air attendri, nous observent. Thomas accourt : « Maman ! Papa ! »

Jade desserre son étreinte et va embrasser sa maman. J’en profite pour serrer Adam, puis Adam et sa compagne.

« Vous n’avez pas trop changé… cette fois-ci…

— Mon grand ! s’exclame Éria.

— Maman, Papa !

— Je suis navrée… ajoute Éria. Nous n’avons pas su la protéger.

— Vous n’êtes pas responsables. » Mel hausse les épaules, l’air de dire, à quoi ça sert. « Vous n’y pouviez rien… Arrêtez de vous faire du mal, ne vous torturez pas… Ça n’sert à rien, et ça n’fera qu’accroître votre chagrin… C’était écrit… » Son ton est calme, fataliste. « Assibir se devait de faire exploser le Marstroller…

— Mel ! Comment peux-tu ? s’écrie Éria. Comment peux-tu défendre cette… cette ? Elle a tué Ève, Mel !… Elle l’a tuée !

— Je sais, Maman… Mais elle faisait ce qui lui semblait juste. Le conflit était engagé… La destruction du Marstroller n’est rien d’autre qu’un fait de guerre.

— Mel !

— Maman… Le pardon, Maman… Je suis sûr qu’elle regrette son geste. On doit lui pardonner ! »