Chapitre 7-05

Adar Hil Matori – Tanacé 1

Je suis en salle de navigation, en compagnie de Vitri, d’Antari et d’Olibir, lorsque les communications se rétablissent… Une vidéo, muette, apparaît : l’explosion d’un puits ! Ce que je redoutais ! Appia renaît de ses cendres pour nous exhiber la fin du monde !

« Non ! s’exclame Vitri. Il ne l’a pas fait ? » Il n’en croit pas ses yeux, et pourtant… Abakan l’a fait ! Abakan a commis l’irréparable ! J’ai l’impression que tout s’écroule autour de moi, tous les espoirs de paix, d’entente cordiale entre nos deux peuples… Le sol se dérobe sous mes pieds, j’en ai les jambes coupées ! Je dois m’appuyer aux fauteuils de Vitri et d’Antari… qui se redresse pour me céder sa place. Je la stoppe dans son élan, la prie de rester assise. Vitri veut en faire de même. Je l’arrête d’un geste de la main. Olibir est figé, sous le choc de la catastrophe qui s’étend sous nos yeux…

En moins de deux nèmes, le nuage maléfique recouvre le continent africain ! Nous voilà condamnés aux ténèbres éternelles ! Une demande de communication de Tanacé 5 me fait sursauter :

« Vitri ! lance la voix tonitruante d’Ilias. Urgence absolue ! » Son buste apparaît. L’air furieux, il dévisage Vitri d’un œil soupçonneux. Ilias est en compagnie de Ragnar.

« Je sais qu’vous n’êtes pas autorisé à le faire, mais vous allez me passer Adar ! Et tout de suite ! C’est un ordre !

Je suis là, Ilias.

Ah ?! J’te croyais en isolement ? » L’effet de surprise le calme aussitôt.

« Je devine que t’es au courant de c’qui s’passe ?

Öörrhh ! Abakan ! Celui-là, j’vais l’étriper !

Une communication de Tanacé 4, annonce Vitri. C’est Adria.

Passe-la-nous. »

Le buste d’Adria apparaît, le visage fermé par l’inquiétude. Elle est en salle de navigation. En compagnie d’Andérof, d’Ackarias et de Lirid.

« Commandant… Vous avez suivi l’évènement ?

Oui, Adria.

C’est terrible ! Je ne cautionne pas c’qui vient d’se produire !

J’imagine ! Moi non plus ! Rassure-toi.

Ni moi ! tonne Ilias.

Les Humains ont eu chaud ! ajoute Adria.

Ont eu chaud ? répète Ilias ?

Ben oui ! Ça aurait pu être pire ! répond Adria.

Comment ça, pire ? Je ne vois pas pire que la destruction de toutes les espèces !

Si tous les puits avaient explosé, répond Adria.

Ils n’ont pas tous explosé ? s’étonne Ilias.

Mais non ! Un seul s’est déclenché.

Un seul puits ?

Alors tout n’est pas perdu ! réagit Ilias. C’est de l’intimidation ultime !

On doit faire l’impossible pour empêcher l’explosion des autres puits !

Et comment ? demande Adria.

Je dois aller lui parler… Je dois essayer de le raisonner. Olibir ? La capsule est bien opérationnelle ?

Oui, Commandant.

Je prends ma capsule ! Je vais à bord d’A P 1 !

Mais t’es fou ? réagit Ilias.

Il faut absolument que j’voie Abakan !

Mais t’es grillé mon pauvre ! T’as même pas l’droit d’sortir de ta cabine ! J’y vais, moi !

Je t’accompagne ! ajoute Adria.

Non, non, non ! Abakan est prêt à tout, les risques sont considérables ! On n’peut pas réagir sur un coup de tête. On doit agir avec prudence… et sagesse. On peut élaborer une stratégie d’action. Venez à bord de Tanacé 1. On réfléchira ensemble.

Et Licori ? demande Adria.

Licori ne nous a pas contactés. On n’implique pas Tanacé 3.

D’accord avec toi ! lance Ilias.

Öh ! s’étonne Vitri. Les liaisons avec Mars se rétablissent !

Ööhh ! réagit Ilias. Nous allons enfin savoir c’qui s’y passe !

Le délai de réponse ?

18 nèmes 27 rends, annonce Olibir.

On leur prépare un message. Réfléchissez au contenu. Je vous attends en salle du Conseil.

À tout de suite ! clame Ilias avant de couper la liaison.

J’arrive, Commandant », ajoute Adria.

Les communications coupées, je prie Vitri de m’accompagner en salle du Conseil. Nous nous apprêtons à quitter la salle de navigation lorsqu’Olibir m’interpelle : « Quelque chose me chiffonne, Commandant. Le rétablissement des réseaux, les liaisons, la capsule opérationnelle… Tout ça n’tourne pas rond.

Comment ça, Olibir ?

Appia… que je sache… est toujours hors service… Alors comment s’fait-il que nous retrouvions les commandes ?

Tu veux dire ? questionne Vitri.

Que les Humains mènent la danse. Tout n’est pas perdu. »