Chapitre 7-37

7.1.4 TERRE

Ève – Vaisseau solène

D’un saut de puce… ou de ce qui m’apparaît comme tel, nous allons exposer la situation à Lepte… Elle est forcément déçue, comme nous, mais pas vraiment surprise. Comment des responsables emnos avaient-ils pu penser que Cherfa allait si facilement céder ses prérogatives ? Quelle naïveté !

Nos enveloppes charnelles retrouvées, nous organisons la suite des opérations. Je vais me déplacer, physiquement, sur A P 1 pour une rencontre en tête-à-tête avec Abakan. Adam lance l’idée de me faire escorter par Galam. Quel meilleur guide que le second d’Abakan pour se faire introduire à bord du vaisseau mère ? Nous allons donc retrouver les Emnos à Phou Bia. Leur donner, comme promis, des nouvelles de leur planète… Avant que j’embarque, en compagnie de Galam, s’il ne s’oppose pas, pour A P 1.

Nous nous apprêtons à quitter l’île Norfolk pour la base laotienne de l’Organisation, lorsque Sarah intervient :

« Si vous souhaitez rencontrer Galam ou Origni, dirigez-vous vers la Turquie, le golfe d’Edremit.

— Astyra ?

Tout à fait.

— Ah ! Ben ça tombe bien ! réagit Thomas. Ça fait un moment qu’on a envie d’aller là-bas.

— Et qu’est-ce qu’ils font là-bas ?

Ils accompagnent une délégation de techniciens et scientifiques emnos. J’ai réclamé leur concours.

— Leur concours ? répète Mel.

Je souhaite bénéficier de leurs connaissances, de leurs acquis, et de leur expérience, pour circonscrire au mieux la zone de contamination. Et ainsi éviter la pandémie qui menace le continent asiatique.

— Quoi, quoi ?

Sumatra. Le lac Singkarak.

— Oui. Eh bien ? réplique Mel.

La situation échappe à mon contrôle. Je n’ai pas suffisamment de paramètres pour gérer la crise.

Aoha ! Mince ! » Éoïah grimace. « Sumatra ? » Elle attend notre aval… Des hochements de tête lui donnent notre accord.

« Et c’est parti ! lance-t-elle en prenant les commandes de la soucoupe.

— Sarah ! On y va ! annonce Adam. Tu peux nous faire le topo ?

Je ne peux que vous déconseiller de vous rendre sur place.

— C’est sur not’ route. On veut voir c’qui s’passe.

Alors, prenez de la distance par rapport au lac. Et ne vous aventurez pas sur les berges. Elles ont été colonisées.

— Pardon ? Colonisées ? répète Mel.

D’après mes informations, l’espèce de Katöla se reproduit par microspores asexuées. Mais je constate une contamination généralisée. Une mutation provoquée par le nouvel environnement. Ou une interaction avec le milieu ambiant. Tous les organismes, eucaryotes comme procaryotes, sont concernés.

— Tu peux préciser ?

Animaux, champignons, plantes, protistes et chromistes, bactéries, archées. Cette espèce invasive agit comme un virus. Elle entre dans les cellules et modifie le patrimoine génétique de son hôte. L’espèce de Katöla était peut-être elle-même infectée. Les antennes électrostatiques ont été débordées. Le périmètre contaminé est en constante progression.

— Mince ! » Mel grimace. « Et t’aurais pas… une solution, un remède, un traitement ?

J’ai acheminé des robots sur zone pour expérimenter différentes techniques. L’élimination par désintégration laser semble la plus efficace. Mais l’expansion de cet organisme est telle, que les machines ont été submergées. Les matériaux utilisés pour la conception des robots, qu’ils soient métalliques ou de synthèse, n’ont pas résisté aux puissantes réactions d’oxydoréductions induites au contact de l’organisme. Son pouvoir de corrosion est exceptionnel. Il mérite d’être étudié de près. L’usage d’engin explosif est à proscrire. L’onde de choc propagerait la contamination. Nous nous acheminons vers l’intervention de satellites équipés de systèmes de vitrification par laser. Nous pensons ainsi circonscrire le périmètre. Autre point positif : les dispositifs de filtrage des eaux établis en aval attestent leur efficacité. Les rejets sont sous contrôle.

— Bon… C’est déjà ça, convient Mel.

Mais ne vous approchez pas. Restez à distance et ne quittez pas votre vaisseau.

— Bien, M’dame ! » lâche Thomas.

*

C’est le début d’après-midi lorsque nous arrivons au lac. Le site est méconnaissable. Seule la topographie générale a subsisté. J’ai l’impression de découvrir une immense géode baignée d’un liquide noirâtre. Une large couronne cristalline bleu-vert resplendit sur l’intégralité du pourtour du lac. Au cœur des eaux sombres, de curieux reliefs sont recouverts d’une mousse gris-vert. Ces formes ratatinées, recroquevillées, sont les témoins de la désagrégation avancée des deux épaves. Ce qui, au premier regard, semble cristallin ondule en fait sous la brise. Comme un champ de céréales bleutées ! Nous nous rapprochons pour observer la progression du phénomène… L’avancée est lente, systématique. Elle semble inexorable. L’emprise de l’espèce exogène sur les végétaux est dramatique. Les arbres atteints par la vague bleue se contractent, se dessèchent, avant de disparaître… Impressionnés, et contrariés, par le spectacle, nous quittons l’Indonésie pour Astyra. Éoïah met le cap au nord-ouest…

*

Depuis notre survol du golfe Persique, nous avançons au-dessus de paysages désolés, noircis par les dépôts de l’explosion du puits africain. Les zones urbaines et périurbaines ont été nettoyées, mais les zones rurales et désertiques de l’Irak, de la Syrie, de la Turquie, nous rappellent le choix délicat que nous avons dû prendre…

Guidés par Sarah, nous arrivons en vue du Centre de Recherches d’Astyra. Un ensemble d’immeubles qui n’a rien d’exceptionnel. Nous remarquons tout de même que les accès terrestres sont barrés par de gros engins de chantier.

Sarah nous a réservé un emplacement sur l’avant-dernier niveau d’un parc de stationnement pour aéronefs. Un parking à quatre étages. Éoïah gare la soucoupe et déclenche l’ouverture… Une brise fraîche pénètre dans l’habitacle. Une brise de nord-est chargée d’une puissante odeur chimique. La pollution aux hydrocarbures…

Ma robe légère, une robe d’été, n’est pas vraiment appropriée pour février. Je récupère un gilet gris et l’enfile… Je choisis de ne pas le fermer pour éviter de mouler mon ventre rebondi. Avec nos précieux sacs à dos, nous quittons la soucoupe pour nous avancer jusqu’au bord de la dalle de béton.

C’est l’heure du déjeuner, mais le site est plutôt calme.

« Sarah ? Quel bâtiment ? On entre par où ?

Prenez la rue sur votre droite, et engagez-vous jusqu’au barrage. Je préviens le comité d’accueil.

— Oh ! » Mel réagit avec une mimique de surprise et de satisfaction. « Merci, Sarah. » Mel est tout chose depuis qu’il a appris qu’il va rencontrer ses grands-parents maternels. Nous nous retournons pour nous diriger vers les cages d’ascenseur. Je souris en voyant le parking vide. La soucoupe est invisible. À la sortie du parking, nous nous repérons grâce à l’étrange monogramme qui orne la façade d’un bâtiment. Un monogramme probablement composé de lettres emnos. Nous prenons la rue conseillée par Sarah. Une rue barricadée par un obstacle de verre et d’acier. Je sens une agitation nerveuse derrière le barrage. Une porte s’ouvre sur un personnage qui lève le bras droit et s’approche à grandes enjambées.

« C’est David Eichman ! annonce Thomas.

— Bonjour ! J’ai été prévenu de votre arrivée ! Vous êtes attendus. » Sa voix, puissante, a l’accent alémanique.

« Bonjour David.

— Bonjour Ève ! Je vous reconnais. Enchanté de faire votre connaissance ! » Il me tend la main droite. Une poignée de main affirmée que je partage avec vigueur.

« Qui nous attend ? demande Mel, une arrière-pensée derrière la tête.

— Rien de moins que le gratin emnos ! Et vos grands-parents maternels ! ajoute-t-il à l’intention de Mel.

— Mmm, mmm… » Mel hoche la tête, l’air satisfait. Mais je sens monter en lui un trac indéfinissable, l’appréhension de voir arriver un moment tant attendu.

« Monsieur Paniandy est allé chercher… son épouse, poursuit David. Il sera de retour d’ici une petite demi-heure.

— D’ici là nous devons rencontrer les Emnos, le temps presse.

— Bien entendu ! Suivez-moi. »

Deux petits véhicules nous attendent de l’autre côté du poste de garde. Des véhicules de quatre places qui nous conduisent dans un parking souterrain. Nous prenons un ascenseur, parcourons quelques couloirs, montons un escalator, avant d’arriver dans un petit salon de réception aménagé dans un coin de hall.

Origni, Galam, Adria et Ilias nous attendent, debout, hésitants. En voyant nos visages désolés, leur optimisme s’évanouit. Ils accueillent les nouvelles avec une immense déception. Et une terrible inquiétude pour les membres de la Confrérie. Les soupirs fusent, Ilias lance une flopée d’injures…

Je leur fais part d’une interrogation, pertinente, soulevée par Lepte : que se passerait-il si la liaison entre notre réalité et l’espace-temps du palais de l’Éden était définitivement rompue ?… Le palais de l’Éden réapparaîtrait-il, ou bien Cherfa serait-il à jamais déporté dans une autre réalité ?… J’ai l’impression de lever un lièvre. Ils ne peuvent répondre, mais promettent d’étudier très sérieusement la question avec leurs scientifiques. J’aborde le problème Abakan, et j’expose notre idée à Galam. Il n’hésite pas. Il accepte sans condition de me conduire à bord du vaisseau mère. Tout de même contrarié par le fait qu’il doive impérativement rentrer avec son apsilos, et que celui-ci est resté à Phou Bia… Je n’ai pas le temps de lui annoncer que nous avons devancé la contrainte. Sarah lui apprend que son apsilos est sur place, et prêt au décollage ! Surpris par l’information, Galam prend congé des siens, et demande à David l’aide d’un accompagnateur pour nous guider jusqu’à l’appareil. David s’y colle aussitôt. L’apsilos de Galam a une coque noire à reflets grenat. Il est stationné au dernier étage, seul appareil emnos aux côtés de cinq vaisseaux terriens. Dans un espace ouvert, simplement recouvert d’un treillis métallique qui imite un réseau de toitures. Son aile rhomboédrique, aux rebords rouge-brun, est inclinée pour permettre l’accès au vaisseau. Le flanc est ouvert… Je prends congé de David, et accompagne Galam jusqu’au poste de pilotage. Il n’y a que deux fauteuils devant le cockpit vitré. Je me change rapidement avant de m’installer. Je passe la robe éthaïre, ajuste mon équipement, et m’assois aux côtés de Galam. Aux commandes, il me fait signe d’attacher le harnais. Des symboles lumineux apparaissent sur la vitre, les propulseurs se lancent… L’apsilos décolle légèrement, il avance vers le vide… et prend une courbe ascendante…

… Nous arrivons en vue de l’escadre. Un repère bleu, sur la vitre, identifie A P 1. C’est le troisième vaisseau mère. Galam entre en contact avec son port d’attache. Il prévient ses subalternes de l’arrivée d’un invité de marque. Je me concentre sur la recherche d’Abakan… Il est dans la cabine de commandement. En compagnie de son fidèle lieutenant et complice, Ferg Alt Ïeysès. Ils attendent le rétablissement imminent d’Ionos…

J’ai du mal à cerner Abakan, à prévoir ses réactions, vu qu’il hésite lui-même sur la conduite à tenir. Après avoir tenté de détruire la Terre, sans remords ni regret, il envisage de se rendre personnellement à Genève pour négocier sa reddition. Il n’a, semble-t-il, aucun scrupule, aucun sentiment de culpabilité. Il est capable d’une politique des extrêmes, de la pire folie, et de tout revirement ! Difficile à suivre celui-là… Encore plus à anticiper !

Abakan a épaulé Cherfa alors que son pouvoir était incontesté. Voyant l’avenir s’assombrir pour le despote, Abakan modifie sa stratégie et remet en cause le pouvoir sacro-saint du maître. Tourne le vent, tourne la girouette ! Comment faire confiance à un tel opportuniste ?

Il a tout de même compris qu’il est allé trop loin pour faire demi-tour. En pleine tourmente, il se sent acculé, et même en fin de vie ! Comme un animal blessé, je le sens capable de commettre le pire pour tenter d’épancher son inextinguible soif de pouvoir, de puissance. Puisque ses espoirs, ses attentes, et ses illusions, reposent sur moi, si je le convaincs de ma victoire prochaine, je m’assure de son soutien.

*

Nous venons de nous poser sur A P 1. Prévenu de notre arrivée, Abakan est dans tous ses états. La venue d’un ange est vécue, et ce n’est pas pour me déplaire, comme une bénédiction ! Bouillant d’impatience, Abakan se rend au sommet du vaisseau… Alors que le hangar se pressurise, Galam est prié de monter, avec son invité, en salle du Conseil. Étrangement, nous ne croisons personne jusqu’à la cage d’ascenseur qui mène vers notre destinée. Dès que la cabine s’élève, je préviens Galam du sort que je lui réserve. Il consent de bonne grâce.

J’entre la première… Abakan est debout, devant moi, les mains derrière le dos, le visage prognathe éclairé d’un sourire malsain. Il veut donner l’image d’un être fort, charismatique, sûr de lui, alors qu’il en est loin… En retrait, Ferg croise les bras, son regard glacial fixé sur moi. Il ne perd rien pour attendre…

« Ève ! Bienvenue ! » lance Abakan. Avant de répondre, j’engendre une dépressurisation brutale autour de Ferg qui s’évanouit. Le bruit de la chute du corps détourne le regard d’Abakan qui est naturellement surpris.

« Galam ! À ton tour. » Je ne quitte pas Abakan des yeux. L’air impressionné dans son regard m’apprend, sans avoir besoin de lire sa pensée, que j’ai fait mouche.

« Pas de témoin… cette fois, précise-t-il avec un air satisfait.

— Exactement.

Et à quoi dois-je m’attendre ? Êtes-vous venue pour m’éliminer ? » Il doute, il veut se persuader du contraire. Il prêche le faux pour savoir le vrai.

« Non, Acer Bar Kantari. Je te laisse une dernière chance. Une opportunité… » Un flot d’émotions positives le submerge.

« Je viens t’offrir l’occasion… non seulement de connaître l’avenir… mais également de participer activement à la construction d’une alliance entre ton peuple, les humains, et les peuples de ma Communauté. » Il n’en croit pas ses oreilles.

« Nous sommes disposés à faire table rase du passé… Mais… Il y a un mais… » Je prends mon temps, j’attends que son optimisme retombe.

« Mais ? » Il reste suspendu à mes lèvres.

« La destitution de Cherfa est programmée. Les règles vont changer. Tu vas devoir laisser l’Iscatari reprendre les rênes du pouvoir.

L’Iscatari ? Ces bons à rien ?

— Ils auront à cœur de réconcilier le peuple Emnos avec lui-même, pour ensuite le réconcilier avec ses colonies. Ce n’est qu’après… que le peuple Emnos intégrera ma Communauté. Et vous devrez choisir des représentants… C’est la mission que je te propose.

Moi ? Représentant de mon peuple ?

— Ambassadeur de ton peuple au sein de la Communauté. C’est le poste que je te propose. » Il n’en revient pas. Il n’envisageait pas un tel scénario, même dans ses rêves les plus fous. Je vois aussitôt son ambition démesurée revenir au galop. L’idée pointe de diriger un jour une Communauté qu’il ne connaît même pas…

« Cette fonction implique un sacrifice. Celui de se faire contaminer par un virus.

—…

— Il ne donne pas l’immortalité… mais il ouvre les portes d’une autre dimension… L’aptitude… à la télépathie. » Ses idées se bousculent.

« Vous êtes télépathes ? Alors elle lit mes pensées ! Vous lisez mes pensées ?

— Oui, Acer Bar Kantari. Et ce don fait partie de ma proposition.

Télépathe ! Connaître les pensées des autres !

— La télépathie génère une nouvelle forme de communication. Si elle ouvre l’esprit des autres, elle livre également l’esprit du porteur aux autres. C’est donnant donnant…

—…

— À ce niveau de conscience, le mensonge est impossible.

—…

— Alors, Acer Bar Kantari ? Tenté ?

Plutôt ! Qu’ai-je à perdre que je n’aie déjà perdu ? Et qu’ai-je à gagner ? Tout ce que j’espérais ! Je ne m’étais pas trompé ! Et si je refusais ? Pourquoi refuserais-je ?

— As-tu déjà oublié que je lis en toi comme dans un livre ?

Vrai ! Il faut croire. Alors tu sais que j’accepte. Plutôt deux fois qu’une ! Que dois-je faire ?

— Tu vas préparer une allocution. Une allocution dans laquelle tu signifieras que Cherfa n’est qu’un imposteur. Qu’il n’œuvre pas pour le bien du peuple Emnos, mais uniquement pour le sien ! Qu’il a provoqué le courroux d’une intelligence supérieure. Et que si le peuple ne se rebelle pas contre son despote, ce sont tous les Emnos, sans distinction, qui en pâtiront. Tu pourras même ajouter un dernier mensonge. Dire que ton intervention n’a qu’un seul but, le bien de tous… Même si je doute qu’ils te croient.

Comment réagiront les Palaïds ? Et Adar ? Et les leaders de Tanacé ? Et ceux de mon escadre ?

— Ça… Acer Bar Kantari, c’est ton problème. Dès qu’Ionos sera rétabli, tu convoques l’ensemble de ton équipage dans l’atrium. Ton allocution sera retransmise sur les autres vaisseaux. Elle doit marquer la fin du conflit entre les Emnos et les humains. Ensuite, vous aurez une première mission conjointe à accomplir : réparer ta faute, ton crime ! Nettoyer le continent africain ! Je te donne jusqu’à la fin du mois terrestre pour effacer toute trace de l’orakunderstrup.

Il y aura des réticences…

— Tu devras les gérer. Pense à ta récompense.

Ambassadeur du peuple emnos !

— Galam va me reconduire sur Terre. J’aime sa vaillance, son dévouement, son charisme. Je le prends à mon service !

Si cela vous chante.

— Galam ! Je te redonne vie ! » J’envoie un choc électrique ciblé sur la poitrine de Galam qui tressaille… et prend une profonde inspiration.

« Réveille-toi, Galam ! » Il ouvre les paupières et reprend une respiration rauque et essoufflée.

« Lève-toi ! » Il se met à genoux, sonné, mais en vie.

« Galam, en ma qualité de commandant d’escadre, je te relève de ta fonction de second d’Alak Palaïd 1. »

Galam lève la tête vers moi, surpris, inquiet, puis vers Abakan. Il ne comprend pas, l’esprit embrouillé par l’évanouissement.

« Tu es désormais au service de l’ange Ève ! » Cette fois il saisit la portée des paroles d’Abakan : le voici libre !

« À vos ordres… Commandant.

Pourriez-vous… ranimer celui-là ? » Abakan désigne Ferg d’un doigt condescendant. « Il fera un excellent second en lieu et place de Galam.

— Soit ! Je te redonne vie ! » J’envoie un choc électrique pulsé sur Ferg.

« Merci.

— Ne m’remercie pas encore, Acer Bar Kantari. Tu sais c’qui t’reste à faire ! Galam, nous rentrons sur Terre. »