Chapitre 7-71

Adar Hil Matori

Depuis quand suis-je enfermé dans cette espèce de cube d’à peine deux exis de côté ? Dans l’obscurité la plus totale, j’ai perdu la notion du temps. Je me suis retrouvé entièrement nu, au sol de cette cellule exiguë. Je ne suis pas à Alaktor. Ici il fait froid, très froid, sur cette roche inégale, grumeleuse, humide et terriblement glaciale.

Un simple trou dans un angle fait office de sanitaires. Les odeurs, putrides, nauséabondes, m’ont gêné les premiers temps. Je ne les sens plus… Ai-je perdu l’odorat ? Ou m’y suis-je habitué ?

Glissée par une trappe sous la porte, une écuelle métallique remplie d’un infâme bouillon m’est servie de temps à autre, juste ce qu’il faut pour me maintenir en vie… La vie ! À tout prix !… Mais à quoi bon ? Je suis en train de perdre la raison. J’ai des hallucinations. Le néant, la solitude, la disparition de tous mes repères, me font entendre des voix. Je me surprends à sursauter, ressentant des présences à mes côtés. Des inconnus passent me rendre visite… Je vais bientôt discuter avec mes fantômes…

Pauvre mortel, entre vie et trépas, qui erre aux frontières de l’au-delà…