Tout a basculé en une fraction de rend. Attachée, les mains derrière le dos, à de lourdes chaînes enchâssées dans le mur du souterrain, je suis passée de l’horreur absolue à l’incompréhension la plus totale. Ces quatre monstres ne plaisantaient pas. J’ai cru que le plus menaçant d’entre eux allait froidement assassiner les enfants…
Lorsque son bras armé s’est soudain figé ! J’ai pensé qu’il se ravisait, mais il s’est mis à gesticuler dans tous les sens ! Il se débattait sans réussir à se dégager, comme s’il combattait un ennemi invisible ! Lorsqu’un comparse, l’air ahuri, le torse courbé vers l’avant, s’est approché pour lui venir en aide, ses deux jambes se sont soulevées comme s’il était fauché en pleine course ! Il est retombé sèchement sur le dos, les bras écartés, les deux poings serrés vers le plafond ! Il ne s’est pas relevé, pétrifié, paralysé ou mort…
Tandis que j’assistais, impuissante, à la scène, et que le Vesphéri à portée des enfants tordait dangereusement son bras désarticulé, j’ai vu les deux autres monstres se faire plaquer contre le mur !
Les chaînes se sont animées comme des serpents ! Elles les ont immobilisés, garrottés ! J’ai senti un vent glacial sur mes poignets, et mes chaînes ont été brisées !
En même temps que les enfants étaient libérés de leur entrave…
« Maman ! » Entraînant Kari par la main, Aprila a bondi vers moi et tous deux se sont jetés dans mes bras !
« Mes chéris !
— Maman, qu’est-ce qu’on fait ?
— On s’dépêche ! On quitte ce coin maudit !
— Par où ?
— Je n’sais pas…
— Maman ! Là ! »
Une silhouette lumineuse tendait un bras ! Elle indiquait un corridor obscur.
« Notre ange gardien ! »
