Royaume de Géorgie – 1455
Par un bel après-midi de printemps, deux gamins de huit et neuf ans, Zakaria et Levan, gravissent un sentier escarpé au cœur d’une forêt de sapins sombres et feuillus clairs. À cette saison, le bois renaît : le feuillage neuf éclate d’un vert tendre, presque fragile, et s’illumine dès qu’un rayon de soleil perce la canopée. Les chants d’oiseaux, puissants et continus, emplissent l’air comme une rumeur vivante.
Chacun porte une besace grossière en bandoulière. En tête marche Levan. Ses grands yeux noirs scrutent le chemin, son nez busqué lui donne un air volontaire. Tout en lui respire l’assurance : la démarche ferme, le menton haut, la fierté de celui qui se sait meneur. Derrière lui, Zakaria peine à suivre. Son visage fin, ses oreilles décollées et sa silhouette frêle trahissent l’effort. Il avance sans se plaindre, mais son souffle court et ses regards inquiets témoignent de son éreintement.
Soudain, Levan quitte le sentier. Sans un mot, il bifurque vers une clairière tapissée de jacinthes violettes et d’anémones blanches, dont les pétales frémissent sous la brise. Zakaria le suit sans hésiter. Ils s’arrêtent près d’une vieille souche rongée par le temps, couverte de mousse épaisse et humide. Un silence tendu s’installe. Ils se regardent, échangent une grimace de dépit, puis s’agenouillent. Avec précaution, presque avec crainte, ils écartent les herbes hautes pour découvrir… un collet. Vide.
C’est alors que Levan penche brusquement la tête, les yeux écarquillés, les sourcils levés d’étonnement :
« T’entends ? » murmure-t-il.
Zakaria sursaute légèrement. Il fronce les sourcils, tend l’oreille, déconcerté.
« Non… »
Levan ne le quitte pas des yeux. Son assurance vacille à peine, mais son regard s’est durci.
« Le silence… souffle-t-il. C’est pas normal. »
Zakaria déglutit. Il écoute à nouveau. Les oiseaux se sont tus. Même le vent semble retenir son souffle.
« T’as raison… » chuchote-t-il.
Un silence surnaturel s’est abattu sur la forêt. Brutal, épais, comme si le monde venait de retenir son souffle. Les deux garçons se redressent lentement, sans un bruit, le corps raidi, les sens aux aguets…
Soudain, un bang sourd et puissant déchire l’air. Aussitôt, une onde de choc traverse le sol et fait vibrer la terre sous leurs pieds. Les branches craquent, se tordent, menacent de rompre. Les oiseaux crient, affolés, et s’arrachent aux arbres en une nuée chaotique. Des grondements montent des profondeurs de la forêt ; des rochers se mettent à rouler, s’entrechoquent, heurtent les troncs dans un fracas sec et brutal.
Les secousses ne durent que quelques secondes — mais pour Zakaria et Levan, le temps semble se distendre, s’étirer à l’infini. Chaque battement de cœur résonne trop fort.
Puis, au loin, des tintements de cloche se succèdent, étouffés, presque irréels, comme portés par l’air lui-même.
Enfin, le calme revient. Un calme trompeur.
Les deux enfants restent immobiles, figés, incapables de comprendre ce qu’ils viennent de vivre.
« C’était quoi ça ? murmure Zakaria, les yeux écarquillés.
— Si je l’savais… grogne Levan, sans quitter la forêt du regard.
— Un tremblement de terre ? »
Levan secoue la tête, les mâchoires crispées.
« Une fichue diablerie ! »
Zacharia blêmit.
« Qu’est-ce qu’on fait ?
— On rentre !
— D’accord ! »
Levan marque une pause. Son visage se ferme, puis il grimace, tiraillé.
« Mais avant… » Il hésite un instant. « J’ai envie de monter jusqu’à la crête. Juste pour voir ce qui s’est passé. » Il ajoute aussitôt, comme pour rassurer son camarade : « On prendra le sentier qui longe la rivière pour rentrer. »
Zacharia baisse les yeux, puis acquiesce : « Comme tu veux. »
Ils pressent le pas jusqu’à la lisière de la forêt. Le sentier débouche au pied d’une colline couverte de pissenlits en fleurs, éclaboussée de jaune sous la lumière. Sans ralentir, ils l’escaladent jusqu’à la ligne de crête…
De là-haut, un panorama de moyennes montagnes s’étend à perte de vue. Mais, habitués des lieux, ils perçoivent aussitôt ce qui a changé. Les versants sont balafrés de longues saignées fraîches. Des blocs rocheux ont dévalé les pentes, lacérant le paysage comme sous un coup de griffe géant. Par endroits, le sol s’est affaissé ; des éboulis ont terminé leur course dans la Kurtskhana, la rivière qui serpente en contrebas.
Ils s’assoient un instant pour reprendre leur souffle, boivent à petites gorgées. Le silence est à nouveau pesant.
Soudain, un grondement sourd monte des entrailles de la terre. Le sol se remet à trembler.
Ils échangent un regard affolé. Trop tard. Une partie de la crête commence à céder sous leurs yeux. Les garçons se relèvent d’un bond et reculent de quelques mètres, tandis que la terre glisse lentement, inexorablement, vers la rivière.
Pétrifiés, ils attendent que tout s’apaise.
Lorsque le calme revient, ils s’approchent prudemment du rebord éventré. En contrebas, un embâcle s’est formé sur la Kurtskhana. À quelques mètres sous leurs pieds, l’affaissement a mis au jour une large fissure béante.
Alors un bruit étrange, continu, un sifflement suraigu, emplit leurs oreilles. Ils tentent en vain de les déboucher avec leurs doigts, avalent leur salive, le regard fixé sur cette blessure ouverte dans la terre.
« Mais c’est quoi, ça ? » grimace Levan.
Zakaria hausse les épaules, incapable de répondre. Le sifflement persiste, aigu, obsédant. Ils se tournent, se retournent, cherchant en vain son origine.
« On dirait que ça vient de là… » murmure Zakaria, perplexe, en désignant la fissure.
Levan fronce un sourcil soupçonneux. Il pose sa besace au sol, remonte son pantalon et s’accroupit. Du bout du pied, il éprouve le terrain : la terre est meuble, instable. Lentement, il s’approche de la crevasse. Sous ses pas, la terre s’éboule.
« Fais gaffe ! » s’inquiète Zakaria.
Levan poursuit sa descente, les bras rejetés en arrière, les mains en appui dans la terre friable.
« T’as raison… souffle-t-il. Ça vient bien de là !
— On ferait mieux de rentrer au village », grimace Zakaria.
Levan s’immobilise.
« Attends… Il plisse les yeux. C’est bizarre…
— Quoi ?
— Un courant d’air ! J’sens un courant d’air !
— Tu f’rais mieux d’faire demi-tour !
— On dirait… une grotte… »
Avant que Zakaria n’ait le temps de protester, Levan se faufile dans la fissure et disparaît.
« Levan ! »
La panique submerge Zakaria. Le sol semble vaciller sous ses pieds. Comme au sortir d’un cauchemar, il réalise qu’il est seul. Le cauchemar a pris corps.
« Zak ! » L’appel le fait sursauter. « Viens voir ça ! C’est… » La phrase s’interrompt. Zakaria reste figé, paralysé par la peur. Levan réapparaît, le visage tendu d’excitation.
« Zak ! Oh ! Qu’est-ce que tu fais ? T’as pris racine ? Allez, viens !
— Tu crois… ?
— Viens, j’te dis ! Viens voir ! Quelque chose que t’as jamais vu ! »
Zakaria grimace, encore plus hésitant.
« Faut qu’je vienne te chercher ? »
Zakaria secoue la tête. À contrecœur, il avance de quelques pas, l’air d’un condamné marchant vers l’échafaud. Levan revient à sa rencontre, lui tend la main, l’entraîne.
Ils se faufilent dans la crevasse.
Le sifflement vrille leurs tympans, à la limite du supportable. Zakaria découvre une grotte obscure et glaciale. Le courant d’air est si froid qu’il semble vouloir les figer sur place. Pourtant, Levan l’entraîne vers le fond. Zakaria résiste, mais Levan resserre son étreinte.
« Il faut qu’tu voies ça ! » rugit-il.
Ils franchissent un coude marqué. Et soudain, Zakaria découvre un spectacle qui le cloue d’effroi.
Au cœur d’une fissure, cerclée de cristaux étincelants, jaillit une lueur bleue. Elle baigne la grotte d’une clarté irréelle et illumine le visage émerveillé de Levan.
« Je… veux rentrer. » bredouille Zakaria.
Levan acquiesce.
*
Giorgi Tabidzé, pope de l’église Saint Aleksandre Nevski d’Abastumani, vient de s’asseoir à son bureau. Vêtu d’une soutane noire aux plis austères, l’homme, barbu, d’une petite quarantaine d’années, laisse transparaître une inquiétude sourde. Son visage fermé, creusé par la réflexion, trahit un esprit en proie au doute.
Il se recule lentement contre le dossier de sa chaise à accoudoirs. Les doigts croisés, il demeure immobile quelques instants, comme en prière silencieuse. Puis, avec une résolution contenue, il se redresse et rapproche le codex posé devant lui.
Il l’ouvre avec un respect presque sacré. La plume grince doucement lorsqu’il la saisit, la trempe dans l’encrier sombre… prêt à consigner ce que son esprit redoute autant qu’il pressent.
« Je prends la plume aujourd’hui, mardi 8 avril de l’An de Grâce 1455, pour consigner l’évènement terrible dont nous avons été témoins. Que ces mots demeurent comme un humble témoignage devant Dieu, Lui qui voit les tremblements de la terre comme les tremblements des cœurs.
Je débutais l’office des vêpres lorsque, soudain, une détonation sourde a retenti, semblable au grondement d’une montagne qui se fissure. Aussitôt, la terre a vacillé sous nos pieds, secouée durant six ou huit secondes qui m’ont paru aussi longues qu’un psaume récité dans la nuit. J’ai ordonné une sortie immédiate, tandis que des fragments de la voûte se détachaient et tombaient sur l’autel et sur quelques fidèles. Par la miséricorde du Très-Haut, nul n’a été grièvement blessé : seulement des contusions, des égratignures, et une grande frayeur.
La voûte s’est lézardée, mais elle a tenu, comme un vieil arbre qui ploie sans rompre. Plusieurs décors sacrés ont été endommagés, et la partie supérieure du clocher s’est effondrée dans un fracas qui résonne encore dans ma poitrine. Les secousses furent si violentes que la cloche s’est mise à sonner d’elle-même, comme si un ange invisible frappait le métal pour avertir les hommes de la colère ou de la tristesse du Créateur.
C’est le second tremblement de terre de ma vie, mais celui-ci surpassait de loin le précédent. Les chiens avaient aboyé sans raison, le bétail avait meuglé d’une voix étranglée ; nous aurions dû comprendre que la terre préparait son cri. Moins de deux heures après la première secousse, les bêtes ont recommencé leur agitation, juste avant la réplique qui a fait s’écrouler le mur de soutènement du cimetière. Les animaux sentent ce que nous refusons parfois d’entendre : les signes que Dieu place devant nous.
Par bonheur, le village n’a subi que peu de dégâts. Nous avons procédé au recensement pour nous assurer que chacun était sain et sauf. Seuls manquent Levan, le fils unique de l’aubergiste, et Zakaria, le cadet du forgeron. Deux garçons inséparables, toujours prêts à aider ou à jouer quelque tour pendable. Nous attendons la tombée du jour avant de laisser l’inquiétude envahir nos âmes.
La fontaine s’est tarie durant une longue demi-heure, puis l’eau est revenue, mais troublée, comme si la terre hésitait encore à nous offrir ce don. Les sources thermales, elles, se sont tues, elles qui réchauffaient les corps et apaisaient les douleurs. Pour avoir déjà vécu pareille épreuve, j’ose espérer qu’elles jailliront de nouveau demain… Demain que la pauvre Anna, femme du laboureur, ne verra peut-être pas. Je reviens de lui administrer les derniers sacrements, et son souffle déjà se mêle au vent du soir.
Un tremblement de terre après un hiver long et cruel — quatre mois de neige — suivi d’un printemps calamiteux, des coulées de boue jusqu’au village, des céréales qui peinent à sortir de terre… Dieu nous éprouve, comme Il éprouve l’or dans le feu. Tout cela ne présage rien de bon pour l’an prochain.
Et si le grain venait à manquer ? Que deviendrons-nous, si la terre, qui est notre mère, se ferme comme un poing ? Seigneur, regarde ton peuple : nous sommes poussière, et nous tremblons. »
Toc ! toc ! toc ! toc !
Quelqu’un frappe à la porte.
« Papa ? appelle la voix d’Elena. Il y a quelqu’un pour toi.
— J’arrive, ma chérie. »
Giorgi repose sa plume avec soin. Il se masse la racine du nez, comme pour chasser une fatigue plus morale que physique, puis se lève et coiffe son skiadion — un couvre-chef noir, simple cylindre s’élargissant vers le haut.
Lorsqu’il ouvre, il découvre Levan et Zakaria sur le seuil. Il se campe aussitôt, les mains sur les hanches, le regard sévère. Les deux garçons le fixent avec des yeux de petits hiboux contrariés, sales, décoiffés, visiblement éprouvés.
« On vous a cherché partout ! tonne-t-il. Où étiez-vous passés ? Et qu’est-ce que vous faisiez ? Regardez-moi ces têtes ! » Il soupire. « Allez… Entrez ! Vos familles savent que vous êtes ici ? »
Les deux garçons échangent un regard et secouent la tête.
« Non, mon Père… » murmure Levan, penaud.
Giorgi grimace.
« Elena ?
— Papa ? »
Elle s’approche. Une adolescente de seize ou dix-sept ans, aux yeux bleus, clairs, au port fier, aux cheveux châtain clair soigneusement tressés. Son regard, déjà adulte, toise les garçons.
« Les parents de ces deux… chenapans les cherchent. Ils sont inquiets. J’aimerais que tu ailles les prévenir.
— Tout de suite ?
— S’il te plaît.
— Bien. »
Elle s’avance, foudroie les deux garçons du regard. Ils s’écartent pour la laisser passer. Lorsqu’elle disparaît, Giorgi laisse échapper un léger sourire, puis se tourne vers eux.
« Allez ! Entrez. Asseyez-vous. Et racontez-moi ce qui vous est arrivé. »
Ils s’installent côte à côte sur un banc, devant une table de cuisine massive. Giorgi pose trois gobelets fumants, puis s’assied face à eux. Les enfants ont l’air de deux coupables pris sur le fait.
« Alors ? Je vous écoute…
— Mon Père… commence Levan.
— Oui ?
— On est allés relever… nos collets… sur le mont… »
Levan baisse les yeux.
« Oui… soupire Giorgi. Encore du braconnage ! Bon… Cette fois encore je n’ai rien entendu. Continue.
— Il y a eu une explosion ! Et la terre a tremblé !
— Oui, ici aussi. Un tremblement de terre.
— On est montés jusqu’à la crête pour voir… Et la terre a recommencé à trembler !
— Oui, ça s’appelle une réplique.
— Un morceau de la falaise s’est détaché, et… il est tombé dans la Kurtskhana !
— Ce sont des choses qui arrivent, tranche Giorgi. Tant qu’il n’y a pas de blessé.
— Oui, mais… » Levan grimace, il hésite. « L’éboulement… a fait apparaître… l’entrée d’une grotte. »
Giorgi arque un sourcil.
« Oh ! Et… vous êtes allés voir ? »
Les deux garçons grimacent.
« Alors ? Vous êtes entrés, ou pas ?
— Oui, mon Père… murmure Zacharia. On est entrés. Et au fond… il y avait… une fissure.
— Une diablerie, mon Père ! lâche Levan.
— Diablerie ?
— Oh oui, mon Père ! insiste Zacharia. Il y avait de la lumière… qui sortait de la fissure.
— De la lumière ? Dans la montagne ?
— Oui, mon Père. Et un courant d’air… » Zakaria frissonne. « Et un drôle de bruit.
— La lumière… n’était pas normale, ajoute Levan. Pas jaune. Bleue. »
Un silence lourd tombe.
« Bleue… répète lentement Giorgi. De la lumière… bleue ?
— Oui, mon Père.
— On a fait demi-tour tout de suite, se justifie Zacharia. Et on est rentrés. »
Giorgi se lève brusquement. Il attrape une lanterne, vérifie la chandelle d’un geste sûr.
« Alors ça… » murmure-t-il. Puis, plus ferme : « Vous allez venir avec moi… et vous allez me montrer ça !
— Euh… là ? Maintenant ?
— Oui ! Tout de suite ! Avant que cette lumière ne s’éteigne ! Si ce n’est pas trop tard.
— Mais, mon Père… il va bientôt faire nuit !
— Justement ! » Son regard ne souffre aucune discussion. « Il n’y a pas un instant à perdre. Les vôtres sont prévenus. Je préviens les miens… et nous filons ! »
*
D’un pas pressé, ils remontent le flanc du mont Kanobili, puis longent le sentier jusqu’à la crête. Là, le pope s’arrête. Il s’assied un instant, face au couchant, comme pour reprendre son souffle… ou rassembler ses pensées. La lumière rougeoyante du soir glisse sur les montagnes meurtries.
« C’est là ! En bas ! » Levan désigne la pente. « Vous entendez, mon Père ?
— J’entends… répond Giorgi après un court silence. Et je vois. »
Les deux garçons s’engagent dans la descente, puis s’arrêtent net devant la crevasse. Le pope les rejoint. Il hésite. D’un geste machinal, il lisse sa barbe, comme si ce simple contact pouvait lui apporter conseil ou courage.
« Bon… murmure-t-il. Nous entrons ?
— Après vous, mon Père. »
Giorgi esquisse un sourire crispé, puis se penche et s’engage dans la fissure.
La caverne est obscure. Un courant d’air glacial s’y engouffre, accompagné d’un sifflement continu, à la limite du supportable. Ses yeux s’habituent peu à peu à l’ombre. Au fond, sur la droite, il distingue une lueur froide.
Il avance de quelques pas, prudemment, puis jette un regard dans la cavité… et se fige.
« Bon sang ! »
Rien n’a changé. La lumière s’échappe toujours de la fissure, d’un bleu qu’il n’a jamais vu, irréel, presque vivant. Les cristaux qui l’entourent scintillent comme du givre figé dans la pierre.
« Alors, mon Père ? chuchote Levan. Qu’est-ce qu’on fait ? »
Giorgi se détourne lentement.
« Demi-tour ! » Sa voix est ferme. « Nous rentrons au village !
— Ah… »
Le soulagement est immédiat. Les enfants sentent le poids quitter leurs épaules.
« J’irai demain au monastère, poursuit Giorgi. Nous verrons ce qu’il convient de faire. »
Il marque une pause, les fixe tour à tour.
« Mais d’ici là… pas un mot ! À qui que ce soit. » Son regard se durcit.
« Tout cela doit rester notre secret. Du moins pour l’instant. »
